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Charles-Louis de MALFILATRE (1732-1767) - Le soleil fixe au milieu des planètes

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Charles-Louis de MALFILATRE (1732-1767) - Le soleil fixe au milieu des planètes L'homme a dit : "Les cieux m'environnent, Les cieux ne roulent que pour moi ; De ces astres qui me couronnent La nature me fit le roi : Pour moi seul le soleil se lève, Pour moi seul le soleil achève Son cercle éclatant dans les airs ; Et je vois, souverain tranquille, Sur son poids la terre immobile Au centre de cet univers." Fier mortel, bannis ces fantômes, Sur toi-même jette un coup d'oeil. Que sommes-nous, faibles atomes, Pour porter si loin notre orgueil ? Insensés ! nous parlons en maîtres, Nous qui dans l'océan des êtres Nageons tristement confondus, Nous dont l'existence légère, Pareille à l'ombre passagère, Commence, paraît, et n'est plus ! Mais quelles routes immortelles Uranie entrouvre à mes yeux ! Déesse, est-ce toi qui m'appelles Aux voûtes brillantes des cieux ? Je te suis. Mon âme agrandie, S'élançant d'une aile hardie, De la terre a quitté les bords : De ton flambeau la clarté pure Me guide au temple où la nature Cache ses augustes trésors. Grand Dieu ! quel sublime spectacle Confond mes sens, glace ma voix ! Où suis-je ? Quel nouveau miracle De l'Olympe a changé les lois ? Au loin, dans l'étendue immense, Je contemple seul en silence, La marche du grand univers ; Et dans l'enceinte qu'elle embrasse, Mon oeil surpris voit sur la trace Retourner les orbes divers. Portés du couchant à l'aurore Par un mouvement éternel, Sur leur axe ils tournent encore Dans les vastes plaines du ciel. Quelle intelligence secrète Règle en son cours chaque planète Par d'imperceptibles ressorts ? Le soleil est-il le génie Qui fait avec tant d'harmonie Circuler les célestes corps ? Au milieu d'un vaste fluide Que la main du Dieu créateur Versa dans l'abîme du vide, Cet astre unique est leur moteur. Sur lui-même agité sans cesse, Il emporte, il balance, il presse L'éther et les orbes errants ; Sans cesse une force contraire De cette ondoyante matière Vers lui repousse les torrents. Ainsi se forment les orbites Que tracent ces globes connus : Ainsi dans des bornes prescrites Volent et Mercure et Vénus. La terre suit : Mars, moins rapide, D'un air sombre, s'avance et guide Les pas tardifs de Jupiter ; Et son père, le vieux Saturne, Roule à peine son char nocturne Sur les bords glacés de l'éther. Oui, notre sphère, épaisse masse, Demande au soleil ses présents, A travers sa dure surface Il darde ses feux bienfaisants. Le jour voit les heures légères Présenter les deux hémisphères Tour à tour à ses doux rayons ; Et sur les signes inclinée, La terre, promenant l'année, Produit des fleurs et des moissons. Je te salue, âme du monde, Sacré soleil, astre du feu, De tous les biens source féconde, Soleil, image de mon Dieu ! Aux globes qui, dans leur carrière, Rendent hommage à ta lumière, Annonce Dieu par ta splendeur : Règne à jamais sur ses ouvrages, Triomphe, entretiens tous les âges De son éternelle grandeur. ALLUSION Du ciel, auguste souveraine, C'est toi que je peins sous ces traits ; Le tourbillon qui nous entraîne, Vierge, ne t'ébranla jamais. Enveloppés des vapeurs sombres, Toujours errants parmi les ombres, Du jour nous cherchons la clarté. Ton front seul, aurore nouvelle, Ton front sans nuage étincelle Des feux de la divinité.

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