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BARRÈS (cours)

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« BARRÈS. LA REPRÉSENTATION. Barrès a tenu, de son temps, cette situation d'écrivain représentatif, dont la vie intérieure importe aux idées générales et conductrices de l'époque, leur donne. corps, chaleur, mouvement et style, se prolonge dans la vie sentimentale, religieuse et politique d'une génération, se déclare à la tribune ou sur la place publique, crée une action, entre dans l'ordre de l'État; et cela sans déchoir de sa qualité, sans se diminuer littérairement, en animant au contraire d'un courant poétique les attitudes en fav.eur dans la -théâtrocratie française : type d'existence littéraire qui commence déjà avec Rousseau, prend tout son éclat avec Chateaubriand, explique la partie jouée par Lamartine-et Victor Hugo, et où en somme Barrès, qui a vingt-trois ans.lors des obsèques de Hugo, n'a pas connu de rival pendant un quart de siècle. l'arbre. L'œuvre considérable et complexe de Barrès a pour armes parlantes une image, dont il_importe peu qu'elle soit banale, vu qu'il l'a complètement renouvelée : celle de la plante qui pousse, et qui trouve sa route et sa lumière au sol ou elle est née, réflexion, patience, logique vivante, liaison par le dedans entre des formes de là vie apparemment divergentes et hostiles. De ces liaisons, de ces synthèses, celle qui commande toutes les autres, et que Barrès trouve dès sa jeunesse et qui est tout entière déjà dans un Homme libre, c'est la découverte de la vie sociale par le. chemin de la vie intérieure, une collectivité rencontrée au tournant d'une individualité, .../... VERLAINE. Il a failli encore bien des années après sa mort (ce fut aussi le cas de Baudelaire) pour que Verlaine fût reconnu l’un des plus grands poètes français. Il n’aurait pu l’être au temps du Parnasse, .qui avait imposé à l’oreille, et au goût certaines exigences d’ordre oratoire et de lumière d’atelier, et conservait ou ramenait plus ou moins le dogme classique qui veut que les vers soient beaux ‘comme de la belle prose, avec quelque chose en plus. A quoi Verlaine a dit, profondément, non. Il a purifié et dématérialisé la poésie. Si Baudelaire avait mis psychologiquement son coeur à nu, Verlaine l’a mis musicalement à nu. Aucune parole n’est plus, que la sienne proche de ce qui ne peut être dit, n’est plus fraîchement prise au griffon du silence et de la plénitude. A travers les gauches imitations d’école inévitables, il est déjà tout entier dans tel sonnet des Poèmes saturniens : Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant Son vers a l’inflexion des voix qui se sont tues ou qui n’ont pas encore parlé. Il ne ressemble, ce vers, à rien de ce qu’on a fait avant lui, à rien de ce qu’on fera après. Tout vers paraît dur à côté de cette moelle de sureau. L’homme sans volonté, le pécheur à vau-l’eau qu’il fut étaient peut-être nécessaires pour que se formât cette neige et se déposât cette matière poétique allégée. . La musique intérieure le porta comme Nerval vers l’habitude de la poésie populaire. C’est même à cette poésie populaire bien plutôt qu’à un Parnasse historique qu’il faut rattacher les Fêtes galantes, où, comme les jeunes gens de Sylvie, il a pris le costume du xviiie siècle et de la Comédie italienne. »

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