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AGRIPPA D'AUBIGNÉ

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Le zèle politique et religieux d'Agrippa d'Aubigné a fourni l'élan des Tragiques, mais sa capacité de « voyant » a restitué la vraie Mémoire poétique, telle que la concevaient les Anciens : génératrice de formes et peintre de fresques animées. Le poète divin et ses combats Issu de la petite noblesse par sa mère et de la bourgeoisie de robe par son père, juge à Pons (Saintonge), Agrippa d'Aubigné peut faire de brillantes études sous la direction de Mathieu Béroalde, humaniste et neveu de Vatable, célèbre hébraïsant. Il se distingue très tôt par sa connaissance des « quatre langues », français, latin, grec et même hébreu, compose en latin et manie avec aisance les règles de l'argumentation ; l'hébreu lui permettra de pratiquer la Bible et de s'imprégner des images de l'Ancien Testament. Son père le voue à la cause réformée après la répression qui suit la conjuration d'Amboise (1560), et il doit fuir à Genève, où il aura Théodore de Bèze pour maître. En 1568, il entre dans la vie militaire au service de Condé et échappe à la Saint-Barthélemy par hasard. Mais il est gravement blessé lors d'une embuscade, ce qui le conduit chez Diane Salviati, la nièce de la Cassandre de Ronsard, à Talcy près de Blois. Cette liaison bientôt rompue par le refus des parents le fait pétrarquiser, dans les Stances et l'Hécatombe à Diane, qui formeront le recueil du Printemps, jamais publié avant le XIXe siècle. Après cette première épreuve qui marquera son « élection », Agrippa devient écuyer d'Henri de Navarre, qu'il sert avec passion ; il partage néanmoins avec celui-ci une vie de débauche à Paris, avant d'organiser son évasion (1576). En 1577, il subit une seconde agonie après Casteljaloux et commence les Tragiques. Hostile à tout compromis avec les catholiques, il mène différentes campagnes mais connaît une crise en 1586, lorsqu'il est forcé par Henri de rendre Oléron qu'il avait prise : après cette brouille, il entreprend des lectures théologiques pour se convertir mais sa foi protestante en ressort triomphante.

« AGRIPPA D'AUBIGNÉ Le zèle politique et religieux d'Agrippa d'Aubigné a fourni l'élan des Tragiques, mais sa capacité de « voyant » a restitué la vraie Mémoire poétique, telle que la concevaient les Anciens : génératrice de formes et peintre de fresques animées. Le poète divin et ses combats Issu de la petite noblesse par sa mère et de la bourgeoisie de robe par son père, juge à Pons (Saintonge), Agrippa d'Aubigné peut faire de brillantes études sous la direction de Mathieu Béroalde, humaniste et neveu de Vatable, célèbre hébraïsant.

Il se distingue très tôt par sa connaissance des « quatre langues », français, latin, grec et même hébreu, compose en latin et manie avec aisance les règles de l'argumentation ; l'hébreu lui permettra de pratiquer la Bible et de s'imprégner des images de l'Ancien Testament.

Son père le voue à la cause réformée après la répression qui suit la conjuration d'Amboise (1560), et il doit fuir à Genève, où il aura Théodore de Bèze pour maître. En 1568, il entre dans la vie militaire au service de Condé et échappe à la Saint-Barthélemy par hasard.

Mais il est gravement blessé lors d'une embuscade, ce qui le conduit chez Diane Salviati, la nièce de la Cassandre de Ronsard, à Talcy près de Blois.

Cette liaison bientôt rompue par le refus des parents le fait pétrarquiser, dans les Stances et l'Hécatombe à Diane, qui formeront le recueil du Printemps, jamais publié avant le XIXe siècle.

Après cette première épreuve qui marquera son « élection », Agrippa devient écuyer d'Henri de Navarre, qu'il sert avec passion ; il partage néanmoins avec celui-ci une vie de débauche à Paris, avant d'organiser son évasion (1576).

En 1577, il subit une seconde agonie après Casteljaloux et commence les Tragiques.

Hostile à tout compromis avec les catholiques, il mène différentes campagnes mais connaît une crise en 1586, lorsqu'il est forcé par Henri de rendre Oléron qu'il avait prise : après cette brouille, il entreprend des lectures théologiques pour se convertir mais sa foi protestante en ressort triomphante. Quand il devient gouverneur de Maillezais, l'essentiel des Tragiques est rédigé, mais il y ajoutera encore de nombreux vers, comme les « apophéties » ou prophéties données après l'événement (la mort de Henri IV). L'abjuration de son roi et des protestants intéressés provoque sa réprobation et il écrit la Confession du Sieur de Sancy, où il démontre ironiquement l'intérêt du catholicisme.

Il participe en effet aux controverses théologiques avec « M.

le Convertisseur », le cardinal Du Perron, avant de commencer la rédaction de l'Histoire Universelle (1601), en fait histoire des guerres de religion, qui double de façon linéaire et sans mise en perspective le projet des Tragiques.

En même temps qu'il écrit des Méditations sur les Psaumes, sa position politique se radicalise : il fait partie des « Fermes » contre les « Prudents » auxquels il dédie un pamphlet, le « Caducée ou l'Ange de la Paix », et sa mauvaise situation le contraint à l'impression clandestine des Tragiques (1616), d'abord signés « L.B.D.D.

», le « Bouc du Désert ». L'affaire de La Rochelle investie par le duc d'Épernon, qui remet en cause les acquis de l'édit de Nantes, lui inspire les deux premiers livres du Baron de Faeneste.

Les ennuis s'accumulent : il doit se défendre contre son fils Constant (le futur père de Mme de Maintenon), et l'Histoire Universelle à peine publiée (1618-19) est condamnée à être brûlée.

Compromis dans la conspiration contre Luynes, favori de Louis XIII, il doit fuir à Genève (1620), où il compose un Traité des guerres civiles et Du devoir mutuel des rois et des sujets, qui prolonge les idées des « monarchomaques » des années 1580 (Hotman, Junius Brutus) et de La Boétie : un double contrat est nécessaire, une alliance juridique dont les Tragiques établissent le rapport symbolique dans l'Alliance du peuple d'Israël avec Dieu.

Après une seconde édition du grand poème (1623 ?) et de l'Histoire Universelle, sont publiées l'année de sa mort les Petites Œuvres mêlées, où figurent des traductions des Psaumes en vers mesurés rivalisant avec la concision des formules hébraïques. Du rite amoureux... Le Printemps, renié dans la Préface des Tragiques, est un recueil assez disparate, alliant une violence verbale très rhétorique à une simplicité plus émouvante, qui annoncent précisément la variété des Tragiques : les images familières traduisent une passion éprouvée comme véridique, de la même façon que la cause protestante est celle de la Vérité.

Cette écriture tourmentée présente dans des termes équivalents l'érotique et le mystique.

Entre l'extase de l'amant et la liesse du « Jugement », entre les supplices du dédaigné et les tortures réelles des Martyrs, la différence d'expression est mince : mais la fin des poèmes replace l'énergie expressive dans l'intention galante, alors que la véhémence des Tragiques est dominée par la construction de l'ensemble.

La parenté d'expression dans les tableaux sanglants est remarquable : Mais quoi ? puis-je connaître au creux de mes hosties À leurs boyaux fumants, à leurs rouges parties Ou l'ire, ou la pitié de ma divinité ? Sonnet 96. Cette description manifeste à la fois le refus huguenot du sacrifice sanglant de la messe et la fascination pour le supplice décrit.

La tendance au macabre place ces poésies comme les Tragiques dans le « style tragique élevé », où le baroquisme des images est inscrit dans une structure oratoire et rhétorique. ...

au romanesque informel Les Aventures du baron de Faeneste, dont le quatrième livre fit scandale à Genève en 1620, prolonge le genre de la satire anti-aulique et anti-catholique sur le mode du roman picaresque, avec un héros matamore.

Le décousu de. »

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