Podcast littérature

LE SITE D'AIDE À LA DISSERTATION ET AU COMMENTAIRE DE TEXTE EN FRANCAIS

EXEMPLES DE RECHERCHE


POUR LE SUJET: Comment le théâtre permet-il de persuader et d'émouvoir ?
TAPEZ LES MOTS-CLES: théâtre persuader ou théâtre émouvoir

POUR LE SUJET: Les écrivains écrivent-ils seulement pour amuser ?
TAPEZ LES MOTS-CLES: écrivains amuser
»Créer un compte Devoir-de-philo
»
» inscrits
Partager

Sujet : Zola - Germinal, IV° partie, Chapitre 1 (Dîner chez les Hennebeau).

Extrait étudié : Zola - Germinal, IV° partie, Chapitre 1 (Dîner chez les Hennebeau). Comme on attaquait les hors-d'oeuvre, elle reprit avec un sourire: "Vous m'excuserez, je voulais vous donner des huîtres... Le lundi, vous savez qu'il y a un arrivage d'ostendes à Marchiennes, et j'avais projeté d'envoyer la cuisinière avec la voiture... Mais elle a eu peur de recevoir des pierres..." Tous l'interrompirent d'un grand éclat de gaieté. On trouvait l'histoire drôle. "Chut ! dit M. Hennebeau contrarié, en regardant les fenêtres, d'où l'on voyait la route. Le pays n'a pas besoin de savoir que nous recevons, ce matin. - Voici toujours un rond de saucisson qu'ils n'auront pas" déclara M. Grégoire. Les rires recommencèrent, mais plus discrets. Chaque convive se mettait à l'aise, dans cette salle tendue de tapisseries flamandes, meublées de vieux bahuts de chêne. Des pièces d'argenterie luisaient derrière les vitraux des crédences; et il y avait une grande suspension en cuivre rouge, dont les rondeurs polies reflétaient un palmier et un aspidistra, verdissant dans des pots de majolique. Dehors, la journée de décembre était glacée par une aigre bise du nord-est. Mais pas un souffle n'entrait, il faisait là une tiédeur de serre, qui développait l'odeur fine d'un ananas, coupé au fond d'une jatte de cristal. "Si l'on fermait les rideaux?" proposa Négrel, que l'idée de terrifier les Grégoire amusait. La femme de chambre, qui aidait le domestique, crut à un ordre et alla tirer un des rideaux. Ce furent, dès lors, des plaisanteries interminables: on ne posa plus un verre ni une fourchette, sans prendre de précautions; on salua chaque plat, ainsi qu'une épave échappée à un pillage, dans une ville conquise; et, derrière cette gaieté forcée, il y avait une sourde peur, qui se trahissait par des coups d'oeil involontaires jetés vers la route, comme si une bande de meurt-de-faim eût guetté la table du dehors. Après les oeufs brouillés aux truffes, parurent des truites de rivière. La conversation était tombée sur la crise industrielle, qui s'aggravait depuis dix-huit mois... Le directeur continuait: "Mais, en vérité, est-ce notre faute? Nous sommes atteints cruellement, nous aussi. Depuis que les usines ferment une à une, nous avons un mal du diable à nous débarrasser de notre stock; et, devant la réduction croissante des demandes, nous nous trouvons bien forcés d'abaisser le prix de revient. C'est ce que les ouvriers ne veulent pas comprendre." Un silence régna. Le domestique présentait des perdreaux rôtis, tandis que la femme de chambre commençait à verser du chambertin aux convives... Mme Grégoire s'apitoya sur ces pauvres gens qui allaient souffrir de la faim; et déjà Cécile faisait la partie de distribuer des bons de pain et de viande. Mais Mme Hennebeau s'étonnait, en entendant parler de la misère des charbonniers de Montsou. Est-ce qu'ils n'étaient pas très heureux? Des gens logés, chauffés, soignés aux frais de la Compagnie! Dans son indifférence pour ce troupeau, elle ne savait de lui que la leçon apprise, dont elle émerveillait les Parisiens en visite; et elle avait fini par y croire, elle s'indignait de l'ingratitude du peuple... On oublia enfin la grève, au moment où le dessert paraissait. Une charlotte de pommes meringuée fut comblée d'éloges. Les fruits, des raisins et des poires, achevèrent cet heureux abandon des fins de déjeuner copieux. Tous causaient à la fois, attendris, pendant que le domestique versait un vin du Rhin, pour remplacer le champagne, jugé commun. Hippolyte servait le café, lorsque la femme de chambre accourut, pleine d'effarement. "Monsieur, monsieur, les voici!" C'étaient les délégués. "Faites-les entrer dans le salon" dit M. Hennebeau. Autour de la table, les convives s'étaient regardés, avec un vacillement d'inquiétude. Un silence régna. Puis, ils voulurent reprendre leurs plaisanteries: on feignit de mettre le reste du sucre dans sa poche, on parla de cacher les couverts. Mais le directeur restait grave, et les rires tombèrent, les voix devinrent des chuchotements, pendant que les pas lourds des délégués, qu'on introduisaient, écrasaient à côté le tapis du salon. Mme Hennebeau dit à son mari, en baissant la voix: - Sans doute, répondit-il. Qu'ils attendent! Notes de vocabulaire : Ostende : un des principaux port de pêche de Belgique (homards et huîtres) crédence : buffet de salle à manger à tablettes superposées. aspidistra : plante ornementale toujours verte à larges feuilles (= petit bouclier) majolique : (de l'île de Majorque) faïence italienne de l'époque de la Renaissance. chambertin : vin rouge de Bourgogne, très réputé.

Corrigé non disponible

Le corrigé du sujet "Zola - Germinal, IV° partie, Chapitre 1 (Dîner chez les Hennebeau)." a obtenu la note de :
aucune note

LE SITE D'AIDE À LA DISSERTATION ET AU COMMENTAIRE DE TEXTE EN LITTERATURE

 Maths
 Philosophie
 Littérature
 QCM de culture générale
 Histoire
 Géographie
 Droit
Nom/Pseudo :

email :
 
Demandez votre sujet :