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Sujet : Sartre, Les Mots.

Extrait étudié : Sartre, Les Mots. Cette femme vive et malicieuse mais froide pensait droit et mal parce que son mari pensait bien et de travers ; parce qu'il était menteur et crédule, elle doutait de tout : "Ils prétendent que la terre tourne ; qu'est-ce qu'ils en savent ?" Entourée de vertueux comédiens, elle avait pris en haine la comédie et la vertu. Cette réaliste si fine, égarée dans une famille de spiritualistes grossiers, se fit voltairienne par défi sans avoir lu Voltaire. Mignonne et replète, cynique, enjouée, elle devint la négation pure ; d'un haussement de sourcils, d'un imperceptible sourire, elle réduisait en poudre toutes les grandes attitudes, pour elle-même et sans que personne s'en aperçût. Son orgueil négatif et son égoïsme de refus la dévorèrent. Elle ne voyait personne, ayant trop de fierté pour briguer la première place, trop de vanité pour se contenter de la seconde. "Sachez, disait-elle, vous laisser désirer." On la désira beaucoup, puis de moins en moins, et, faute de la voir, on finit par l'oublier. Elle ne quitta plus guère son fauteuil ou son lit. Naturalistes et puritains – cette combinaison de vertus est moins rare qu'on ne pense – les Schweitzer aimaient les mots crus qui, tout en rabaissant très chrétiennement le corps, manifestaient leur large consentement aux fonctions naturelles ; Louise aimait les mots couverts. Elle lisait beaucoup de romans lestes dont elle appréciait moins l'intrigue que les voiles transparents qui l'enveloppaient : "C'est osé, c'est bien écrit, disait-elle d'un air délicat. Glissez, mortels, n'appuyez pas !" Cette femme de neige pensa mourir de rire en lisant La Fille de Feu d'Adolphe Belot. Elle se plaisait à raconter des histoires de nuits de noces qui finissaient toujours mal : tantôt le mari, dans sa hâte brutale, rompait le cou de sa femme contre le bois du lit et tantôt, c'était la jeune épousée qu'on retrouvait, au matin, réfugiée sur l'armoire, nue et folle. Louise vivait dans le demi-jour ; Charles entrait chez elle, repoussait les persiennes, allumait toutes les lampes, elle gémissait en portant la main à ses yeux : "Charles ! tu m'éblouis !" Mais ses résistances ne dépassaient pas les limites d'une opposition constitutionnelle : Charles lui inspirait de la crainte, un prodigieux agacement, parfois aussi de l'amitié, pourvu qu'il ne la touchât pas. Elle lui cédait sur tout dès qu'il se mettait à crier. Il lui fit quatre enfants par surprise : une fille qui mourut en bas âge, deux garçons, une autre fille. Par indifférence ou par respect, il avait permis qu'on les élevât dans la religion catholique. Incroyante, Louise les fit croyants par dégoût du protestantisme.

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