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Sujet : Romain Gary : La Promesse de l'aube (1960).

Extrait étudié : Romain Gary : La Promesse de l'aube (1960). [La mère du narrateur vient rendre visite à son fils, Romain, alors instructeur à l'Ecole de l'Air de Salon-de-Provence. Cet épisode se déroule au début de la Seconde Guerre Mondiale : les forces militaires viennent d ‘être mobilisées.] Je l'ai vue descendre du taxi, devant la cantine, la canne à la main, une gauloise aux lèvres et, sous le regard goguenard des troufions1 elle m'ouvrit ses bras d'un geste théâtral, attendant que son fils s'y jetât, selon la meilleure tradition. J'allai vers elle avec désinvolture, roulant un peu les épaules, la casquette sur l'oeil, les mains dans les poches de cette veste de cuir qui avait tant fait pour le recrutement de jeunes gens dans l'aviation, irrité et embarrassé par cette irruption inadmissible d'une mère dans l'univers viril où je jouissais d'une réputation péniblement acquise de « dur », de « vrai » et de « tatoué ». Je l'embrassai avec toute la froideur amusée dont j'étais capable et tentai en vain de manoeuvrer habilement derrière le taxi, afin de la dérober aux regards, mais elle fit simplement un pas en arrière, pour mieux m'admirer et, le visage radieux, les yeux émerveillés, une main sur le coeur, aspirant bruyamment l'air par le nez, ce qui était toujours, chez elle, un signe d'intense satisfaction, elle s'exclama, d'une voix que tout le monde entendit, et avec un fort accent russe2 : - Guynemer3 ! Tu seras un second Guynemer ! Tu verras, ta mère a toujours raison ! Je sentis le sang me brûler la figure, j'entendis les rires derrière mon dos, et, déjà, avec un geste menaçant de la canne vers la soldatesque hilare4 étalée devant le café, elle proclamait, sur le mode inspiré : - Tu seras un héros, tu seras général, Gabriele d'Annunzio5, Ambassadeur de France — tous ces voyous ne savent pas qui tu es ! Je crois que jamais un fils n'a haï sa mère autant que moi, à ce moment-là. Mais, alors que j'essayais de lui expliquer dans un murmure rageur qu'elle me compromettait irrémédiablement aux yeux de l'Armée de l'Air, et que je faisais un nouvel effort pour la pousser derrière le taxi, son visage prit une expression désemparée, ses lèvres se mirent à trembler, et j'entendis une fois de plus la formule intolérable, devenue depuis longtemps classique dans nos rapports: - Alors, tu as honte de ta vieille mère? D'un seul coup, les oripeaux6 de fausse virilité, de vanité, de dureté, dont je m'étais si laborieusement paré, tombèrent à mes pieds. J'entourai ses épaules de mon bras. [...] Je n'entendais plus les rires, je ne voyais plus les regards moqueurs, j'entourais ses épaules de mon bras et je pensais à toutes les batailles que j'allais livrer pour elle, à la promesse que je m'étais faite, à l'aube de ma vie, de lui rendre justice, de donner un sens à son sacrifice et de revenir un jour à la maison, après avoir disputé victorieusement la possession du monde à ceux dont j'avais si bien appris à connaître, dès mes premiers pas, la puissance et la cruauté. 1. Regard moqueur des jeunes soldats. 2. Romain Gary est né en Russie. 3. Célèbre aviateur français, héros de la Première Guerre Mondiale. 4. L'ensemble des soldats en train de rire. 5. Ecrivain italien (1863-1938). 6. Apparence illusoire.
Extrait du commentaires : Né à Moscou d'un père inconnu, Romain Kacew (qui deviendra Romain Gary en 1951) passe son enfance en Pologne avec sa mère, dans des conditions misérables. Arrivé à Nice à 13 ans, il étudie le droit à Aix-en-Provence et entre dans l'armée de l'air. Sous-officier, puis officier, il termine la guerre comme commandant et parvient à mener de front les carrières d'aviateur, de diplomate et d'écrivain. Consul de France à Los Angeles, il connaît déjà le succès avec Éducation européenne, écrit durant la guerre et prix des Critiques en 1945. La consécration publique arrive en 1956, où son roman Les Racines du ciel obtient le prix Goncourt. Elle est confirmée les années suivantes par le succès de Lady L. (1959) et de son récit autobiographique La Promesse de l'aube (1960). A cette époque, Romain Gary rencontre l'actrice américaine Jean Seberg, divorce de sa première femme et abandonne la diplomatie pour se lancer à plein-temps dans le journalisme et la littérature. La Tête coupable (1968), Chien blanc (1970), Les Enchanteurs (1973) et les films Les Oiseaux vont mourir au Pérou et Kill naissent de cette liberté retrouvée. Méprisé de la critique à cause de sa popularité, Romain Gary monte alors ce qui deviendra la plus grande supercherie littéraire du siècle : il mêle réalité et fiction en inventant un écrivain, qu'il nomme Emile Ajar et fait incarner auprès des médias par son cousin Paul Pavlowitch. Ajar perce en 1974 avec Gros Câlin et obtient l'année suivante le Prix Goncourt avec La Vie devant soi. Romain Gary, qui ne sera jamais démasqué de son vivant, poursuit parallèlement sa carrière sous son vrai nom : Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable (1975), Clair de femme (1977), Les Cerfs-Volants (1980). Miné par ce double jeu et la mort tragique de Jean Seberg, il sombre dans la dépression et se suicide en 1980, en laissant une lettre révélant l'affaire Ajar. Toute son œuvre prône cet humanisme généreux qui a su séduire par son humour un vaste public.

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