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Sujet : Maurice BARRÈS, N'importe où hors du monde, 1958

Extrait étudié : Maurice BARRÈS, N'importe où hors du monde, 1958 Sans que je veuille préciser trop l'analogie et me charger d'en rendre un compte exact, je me surprends à confondre l'émotion où m'a laissé ce chef-d'oeuvre sans gloire avec le souvenir d'une après-midi qu'un jour le hasard m'offrit à la campagne. Par le plus doux soleil d'octobre, sur le grand plateau qui s'élève depuis la Moselle jusqu'à Rambervillers, j'étais allé reconnaître les sources de l'Euron. Le paysage est sans pittoresque, désert, et d'abord ne donne aucune prise à l'imagination. Il me touche d'autant, car, n'ayant rien pour étonner, ni pour qu'on en cause, il ne s'adresse qu'à l'âme. C'est toute une prairie qui suinte, une prairie du vert le plus doux, formant une légère et vaste dépression où la nappe d'eau affleure. Elle s'amasse sans bruit dans un creux d'où l'Euron, enrichi à chaque mètre par les prés, s'écoule. Nul doute qu'ici, aux instants favorables, on ne puisse contempler le visage divin, mais la nymphe, à cette heure de grand soleil, se cache. Jetons-lui notre offrande, une pièce de monnaie, quelques pensées du culte champêtre. Touchante prairie à feux follets, je suis sûr que de nombreuses légendes y naquirent et que je les trouverais qui dorment au milieu des fumiers du village voisin. Je m'attarde à regarder cette eau charmante qui naît à la lumière insensiblement et s'assemble, glisse, commence à courir. Vers cinq heures soudain, le froid surgit et la divinité du lieu, dans un brouillard blanc, apparaît. Est-ce une fée celtique, une nymphe païenne, le fantôme d'un mort, une brume du soir ? C'est l'éternelle rêverie qui vient de se lever de terre. Walter Scott nous fait savoir, dès l'enfance, que les fées, petits êtres irritables, fantasques, méchants, exigent le secret de ceux qui surprennent leurs danses et leurs habitations, et que parler, en bien ou en mal, de ces êtres capricieux, c'est s'exposer à leur rancune. Pourtant, si je ne dis rien de plus des vapeurs qui flottaient par ce beau soir au creux du vallon désert, ce n'est pas prudence, mais difficulté de serrer dans des formes définies les sentiments de plaisir et de douceur qui m'emplissaient. Une infinie complaisance pour les dieux de l'âme et de la nature, habite encore le fond de nos coeurs. Elle y semble assoupie, quelques-uns disent morte. Mais une prairie au bord des bois sous un ciel nuageux, un poème demi-fermé sur lequel flottent des fantômes suffisent à la réveiller. Cette eau qui sourd, qui vient mouiller les herbages, puis prend sa course vive, ces pensées qui naissent éternellement du génie de la race pour rafraîchir notre âme et recevoir d'elle une pente, raniment en nous les émotions primitives. D'anciennes forces accourent sans bruit, comme une barque glisse, comme les flocons de neige tombent. Elles nous enveloppent d'un subtil élément. Loin des réalités incomplètes et grossières, à l'abri de ce nuage, nous accueillons avec amour les songes qui redressent l'âme. 19 avril 1911.

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