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Sujet : Marguerite Yourcenar, L'Œuvre au noir, (1968) (La voix publique)

Extrait étudié : Marguerite Yourcenar, L'Œuvre au noir, (1968) (La voix publique) On sut plus tard qu'il avait d'abord passé quelque temps à Gand, chez le prévôt mitré[1] de Saint-Bavon, qui s'occupait d'alchimie. On crut ensuite l'avoir vu à Paris, dans cette rue de la Bûcherie où les étudiants dissèquent en secret des morts, et où se prennent comme un mauvais air le pyrrhonisme[2] et l'hérésie. D'autres, fort dignes de foi, assuraient qu'il tenait ses diplômes de l'Université de Montpellier, ce à quoi certains répondaient qu'il n'avait jamais fait que s'inscrire à cette faculté célèbre, et qu'il avait renoncé aux titres sur parchemin en faveur de la seule pratique expérimentale, dédaignant à la fois Galien et Celsus[3]. On crut le reconnaître en Languedoc dans la personne d'un magicien séducteur de femmes, et, vers la même époque, en Catalogne, sous l'habit d'un pèlerin venu de Montserrat et recherché pour le meurtre d'un jeune garçon dans une hôtellerie fréquentée par des gens sans aveu[4], marins, maquignons[5], usuriers[6] suspects de judaïsme et Arabes mal convertis. On savait vaguement qu'il s'intéressait à des spéculations sur la physiologie et l'anatomie, et l'histoire de l'enfant assassiné, qui n'était pour les grossiers ou les crédules qu'une instance[7] de magie ou de noire débauche, devenait sur les lèvres des plus doctes celle d'une opération ayant pour but de transvaser du sang frais dans les veines d'un riche Hébreu malade. Plus tard encore, des gens revenus de longs voyages et de plus longs mensonges prétendirent l'avoir vu dans le pays des Agathyrses, chez les Barbaresques, et jusqu'à la cour du Grand Daïr[8]. Une nouvelle recette de feu grégeois[9], employée à Alger par le pacha Khéreddin Barberousse[10], endommagea gravement, vers 1541, une armadille espagnole ; on mit à son compte cette invention funeste, qui, disait-on, l'avait enrichi. Un moine franciscain envoyé en mission en Hongrie avait rencontré à Bude[11] un médecin flamand qui se serait gardé de dire son nom : c'était lui sans doute. On savait aussi de bonne source qu'il aurait été appelé en consultation à Gênes par Joseph Ha-Cohen, physicien privé du Doge, mais aurait ensuite insolemment refusé de succéder au poste de ce Juif frappé d'une sentence d'exil. Comme les audaces de la chair passent, souvent à juste titre, pour accompagner celle de l'intelligence, on lui attribua des plaisirs non moins audacieux que ses travaux, et on colporta divers contes, variés bien entendu selon les goûts de ceux qui répandaient ou inventaient ses aventures. Mais, de toutes ces hardiesses, la plus choquante peut-être était celle qui, disait-on, lui faisait ravaler[12] la belle profession de médecin en s'adonnant de préférence à l'art grossier de la chirurgie, salissant ainsi ses mains de pus et de sang. Rien ne pouvait subsister, si un esprit inquiet bravait de la sorte le bon ordre et les bons usages. [1] Prévôt (nom donné au supérieur de certains ordres religieux) qui a le droit de porter la mitre, haute coiffure triangulaire de cérémonie portée par les évêques. [2] Doctrine de Pyrrhon : scepticisme philosophique. [3] Galien : médecin grec ayant fait d'importantes découvertes sur le cœur et le système nerveux. Celse : médecin romain contemporain de l'empereur Auguste, ayant pratiqué la chirurgie et devenu une autorité en la matière. Les doctrines de ces deux savants ont commencé à être remis en question au XVI° siècle. [4] Homme sans aveu : lié à aucun seigneur, et donc sans aucune protection. [5] Marchand de chevaux et, par extension, entremetteur malhonnête. [6] Prêteurs. [7] Procédure. [8] Probablement le sultan d'Istanbul. [9] Mélange de souffre, de poix, de salpêtre, etc., que les Byzantins utilisaient à la guerre. [10] Corsaire turc ayant chassé deux fois les Espagnols d'Alger. En 1543, il vint à Marseille se joindre aux Français en guerre contre Charles Quint. [11] Budapest aujourd'hui, alors en zone d'influence turque. [12] Avilir.

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