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Amour (Thème de la littérature française)

Amour
1 L'amour est tantôt idéalisé sous l'influence du spiritualisme chrétien, faisant figure d'aventure privilégiée, tantôt dépeint avec la volonté de corriger ou de détruire cette idéalisation.
a) Moyen Age. — L'amour courtois : le chevalier transfère à sa dame le respect et l'obéissance que l'honneur lui dicte à l'égard de son suzerain (*Courtoisie) ; l'amour prend un caractère sacré qui l'élève au-dessus de tout : Chrestien de Troyes, Lancelot; Guillaume de Lorris, Le Roman de la Rose (1re partie). — Un mythe de l’amour fatal et malheureux : Tristan et Iseut. — Une réaction d'inspiration réaliste : Jean de Meun, Le Roman de la Rose (2e partie).
b) XVIe siècle. La tradition courtoise nationale se conjugue avec l'influence de l'Italien Pétrarque (1304-1374) qui avait lui-même puisé aux sources courtoises françaises : Marot, Poésies; Ronsard, Amours. Elle trouve un renfort dans la pensée néo-platonicienne qui présente l'amour profane comme une étape vers l'amour de Dieu : Marguerite de Navarre, L'Heptaméron. Dans cet ouvrage, certains «devisants» parlent au nom de la tradition réaliste dite gauloise.
c) XVIIe siècle.
— L'idéalisme romanesque et précieux fonde l'amour sur l'honneur, la générosité, le mérite et l'estime : H. d'Urfé, L'Astrée; Corneille, Le Cid (Rodrigue-Chimène), Cinna (Émi-lie-Cinna), Polyeucte (Pauline-Sévère); Mlle de Scudéry, Clélie; Racine, Bérénice (Tite-Bérénice-Antiochus). — Le libertin raille cet idéalisme au nom du plaisir : Molière, Dom Juan; ou au nom de la nature : Molière, Les Précieuses ridicules, Les Femmes savantes. — La peinture de la passion se colore de pessimisme (Passions, I. Souffrance, 1, a) : La Rochefoucauld Maximes; Guilleragues, Lettres portugaises ; Mme de Lafayette, La Princesse de Clèves; Racine, Andromaque, Britannicus (la violence de l'amour échappe aux conventions galantes).
d) XVIIIe siècle.
— Triomphe de l'amour dans la comédie : Marivaux, Le Jeu de l'amour et du hasard, Les Fausses Confidences; Beaumarchais, Le Barbier de Séville, Le Mariage de Figaro. — Le roman peint des passions absolues qui tirent leur dignité de leur force et de l'exaltation de la sensibilité : Prévost, Manon Lescaut; Rousseau, La Nouvelle Héloïse; mais aussi le libertinage : Laclos, Les Liaisons dangereuses; Diderot, Jacques le Fataliste.


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