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Flaubert, Madame Bovary Alors on vit s'avancer sur l'estrade une petite vieille femme de maintien craintif, et qui paraissait se ratatiner dans ses pauvres vêtements. Elle avait aux pieds de grosses galoches de bois, et, le long des hanches, un grand tablier bleu. Son visage maigre, entouré d'un béguin sans bordure, était plus plissé de rides qu'une pomme de reinette flétrie, et des manches de sa camisole rouge dépassaient deux longues mains, à articulations noueuses....
Incipit d'Aurélien, d'Aragon : « La première fois qu'Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide. Elle lui déplut, enfin. Il n'aima pas comment elle était habillée. Une étoffe qu'il n'aurait pas choisie. Il avait des idées sur les étoffes. Une étoffe qu'il avait vue sur plusieurs femmes. Cela lui fit mal augurer de celle-ci qui portait un nom de princesse d'Orient sans avoir l'air de se considérer dans l'obligation d'avoir du goût. Ses cheveux étaient...
Alfred de Musset, Lorenzaccio, acte IV, scène 9. Une place; il est nuit. Entre Lorenzo. LORENZO : Je lui dirai que c'est un motif de pudeur, et j'emporterai la lumière - cela se fait tous les jours - une nouvelle mariée, par exemple, exige cela de son mari pour entrer dans la chambre nuptiale, et Catherine1 passe pour très vertueuse. - Pauvre fille ! Qui l'est sous le ciel si elle ne l'est pas ? - Que...
Albert Camus, L'Etranger, 1942. [Meursault, le narrateur, se laisse entraîner dans une histoire de vengeance qui le conduit à tuer un homme. Il est aussitôt mis en prison.] Quand je suis entré en prison, on m'a pris ma ceinture, mes cordons de souliers, ma cravate et tout ce que je portais dans mes poches, mes cigarettes en particulier. Une fois en cellule, j'ai demandé qu'on me les rende. Mais on m'a dit que c'était...
Victor Hugo, Les Contemplations, Livre premier, VII (1856) « Réponse à un acte d'accusation » Les mots, bien ou mal nés, vivaient parqués en castes; Les uns, nobles, hantant les Phèdres, les Jocastes, Les Méropes1, ayant le décorum pour loi, Et montant à Versaille2 aux carrosses du roi; Les autres, tas de gueux, drôles patibulaires3, Habitant les patois ; quelques-uns aux galères Dans l'argot ; dévoués à tous les genres bas, Déchirés en haillons dans les...
À UNE HEURE DU MATIN Enfin ! seul ! On n'entend plus que le roulement de quelques fiacres attardés et éreintés. Pendant quelques heures, nous posséderons le silence, sinon le repos. Enfin! la tyrannie de la face humaine a disparu, et je ne souffrirai plus que par moi-même. Enfin ! il m'est donc permis de me délasser dans un bain de ténèbres! D'abord, un double tour à la serrure. Il me semble que ce tour de...
Boris Vian, L'Ecume des jours, Épilogue. - Vraiment, dit le chat, ça ne m'intéresse pas énormément. - Tu as tort, dit la souris. Je suis encore jeune, et jusqu' au dernier moment, j'étais bien nourrie. - Mais je suis bien nourri aussi, dit le chat, et je n'ai pas du tout envie de me suicider, alors tu vois pourquoi je trouve ça anormal. - C'est que tu ne l'as pas vu, dit la souris. - Qu'est-ce qu'il fait ?...
Rostand, Cyrano de Bergerac, 1897, Acte III, scène 10. CYRANO Baiser. Le mot est doux. Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ; S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ? [...] ROXANE Taisez-vous ! CYRANO Un baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ? Un serment fait d'un peu plus près, une promesse Plus précise, un aveu qui veut se confirmer, Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer ; C'est un secret qui prend la bouche pour oreille, Un instant d'infini qui...
L'abbé Prévost, Histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut. [A l'ami Tiberge venu redonner à Saint-Lazare des conseils de vertu, Des Grieux répond par ce discours audacieux. On notera la rigueur mise au service d'une morale hédoniste assez peu orthodoxe!] Tiberge, repris-je, qu'il vous est aisé de vaincre, lorsqu'on n'oppose rien à vos armes ! Laissez-moi raisonner à mon tour. Pouvez-vous prétendre que ce que vous appelez le bonheur...
Jean-Paul SARTRE, Les Mouches, acte II, scènes 3 et 4, 1943 [L'histoire se passe dans la ville d'Argos. Egisthe, après avoir assassiné Agamemnon, et épousé Clytemnestre sa femme, a instauré un régime de terreur. Oreste, fils de la reine, revient quinze ans plus tard, suivi par Jupiter. Electre, sa soeur, traitée en esclave, incite le peuple à la révolte. Egisthe la chasse. Elle se cache avec Oreste dans le palais.] SCÈNE III EGISTHE, CLYTEMNESTRE, ORESTE et...
Montaigne, Les Essais Livre 2, chapitre 5 C'est une dangereuse invention que celle des tortures et il semble que c'est plutôt une mise à l'épreuve de la capacité de souffrir qu'une mise à l'épreuve de la vérité. Celui qui peut les supporter cache la vérité. Celui qui peut les supporter cache la vérité et il en va de même… pour celui qui ne peut pas les supporter. Car pourquoi la douleur me fera-t-elle plutôt confesser ce...
Marguerite Duras, L'Amant (la rencontre avec le riche chinois) L'homme élégant est descendu de la limousine, il fume une cigarette anglaise. Il regarde la jeune fille au feutre d'homme et aux chaussures d'or. Il vient vers elle lentement. C'est visible, il est intimidé. Il ne sourit pas tout d'abord. Tout d'abord il lui offre une cigarette. Sa main tremble. Il y a cette différence de race, il n'est pas blanc, il doit la surmonter, c'est pourquoi...
Victor HUGO (1802-1885) (Recueil : La légende des siècles) - Le crapaud
Que savons-nous ? qui donc connaît le fond des choses ?
Le couchant rayonnait dans les nuages roses ;
C'était la fin d'un jour d'orage, et l'occident
Changeait l'ondée en flamme en son brasier ardent ;
Près d'une ornière, au bord d'une flaque de pluie,
Un crapaud regardait le ciel, bête éblouie ;
Grave, il songeait ; l'horreur contemplait la splendeur.
Puisqu'elle est Tout Hiver Puisqu'elle est tout hiver, toute la même glace, Toute neige et son coeur tout armé de glaçons, Qui ne m'aime sinon pour avoir mes chansons, Pourquoi suis-je si fol, que je ne m'en délace ? De quoi me sert son nom, sa grandeur et sa race, Que d'honnête servage et de belles prisons ? Maîtresse, je n'ai pas les cheveux si grisons Qu'une autre de bon coeur ne prenne votre place. Amour, qui est enfant, ne cèle vérité; Vous n'êtes si...
Albert CAMUS, L'Étranger, II, V (1942) J'ai cru longtemps - et je ne sais pas pourquoi - que pour aller à la guillotine, il fallait monter sur un échafaud, gravir des marches. Je crois que c'était à cause de la Révolution de 1789, je veux dire à cause de tout ce qu'on m'avait appris ou fait voir sur ces questions. Mais un matin, je me suis souvenu d'une photographie publiée par les...
Montesquieu, Lettres persanes - Lettre XXIV Lettre 24 Rica à Ibben, à Smyrne. Nous sommes à Paris depuis un mois, et nous avons toujours été dans un mouvement continuel. Il faut bien des affaires avant qu'on soit logé, qu'on ait trouvé les gens à qui on est adressé, et qu'on se soit pourvu des choses nécessaires, qui manquent toutes à la fois. Paris est aussi grand qu'Ispahan. Les maisons y sont si hautes qu'on jurerait qu'elles ne sont...
Voltaire, Dictionnaire philosophique, « Abbé », 1764 Où allez-vous, Monsieur l'abbé ? etc. Savez-vous bien qu'abbé signifie père? si vous le devenez, vous rendez service à l'État; vous faites la meilleure oeuvre sans doute que puisse faire un homme; il naîtra de vous un être pensant. Il y a dans cette action quelque chose de divin. Mais si vous n'êtes monsieur l'abbé que pour avoir été tonsuré, pour porter un petit collet, un manteau court,...
Jean Anouilh (1910-1987), Antigone (1944). ISMÈNE - Tu sais, j'ai bien pensé, Antigone. ANTIGONE - Oui. ISMÈNE - J'ai bien pensé toute la nuit. Tu es folle. ANTIGONE - Oui. ISMÈNE - Nous ne pouvons pas. ANTIGONE, après un silence, de sa petite voix. - Pourquoi ? ISMÈNE - Il1 nous ferait mourir. ANTIGONE - Bien sûr. A chacun son rôle. Lui, il doit nous faire mourir, et nous, nous devons aller enterrer notre frère. C'est comme cela que ç'a été distribué....
Stendhal, Le Rouge et le Noir, Partie I. Avec la vivacité et la grâce qui lui étaient naturelles quand elle était loin des regards des hommes, Mme de Rênal sortait par la porte-fenêtre du salon qui donnait sur le jardin, quand elle aperçut près de la porte d'entrée la figure d'un jeune paysan presque encore enfant, extrêmement pâle et qui venait de pleurer. Il était en chemise bien blanche, et avait sous le bras une veste...
Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception. Si la parole présupposait la pensée, si parler c'était d'abord se joindre à l'objet par une intention de connaissance ou par une représentation, on ne comprendrait pas pourquoi la pensée tend vers l'expression comme vers son achèvement, pourquoi l'objet le plus familier nous paraît indéterminé tant que nous n'en avons pas retrouvé le nom, pourquoi le sujet pensant lui-même est dans une sorte d'ignorance de ses pensées tant qu'il ne les...
Musset, Lorenzaccio - Acte III, scène 3 LORENZO. Tu me demandes pourquoi je tue Alexandre ? Veux-tu donc que je m'empoisonne, ou que je saute dans l'Arno ? veux-tu donc que je sois un spectre, et qu'en frappant sur ce squelette (il frappe sa poitrine), il n'en sorte aucun son ? Si je suis l'ombre de moi-même, veux-tu donc que je m'arrache le seul fil qui rattache aujourd'hui mon coeur à quelques fibres de mon...
SHAKESPEARE. Macbeth, acte I, scène7 (1606). [Le général Macbeth se laisse persuader par une prophétie ambigu qu'il deviendra roi. Son épouse, Lady Macbeth, plus ambitieuse et moins retenue par de nobles scrupules, le pousse à tuer le roi Duncan pour s'emparer du trône et l'y remplacer. Pris par le doute, alors qu'il doit justement recevoir Duncan chez lui, Macbeth remet en cause son projet.] Entre Lady Macbeth. MACBETH. — Eh bien quoi de nouveau ? LADY MACBETH. — Il1...
Louis-Sébastien Mercier, L'An 2440 ou Rêve s'il en fut jamais (1770) J'arrive, je cherche des yeux ce palais superbe d'où partaient les destinées de plusieurs nations. Quelle surprise! je n'aperçus que des débris, des murs entrouverts, des statues mutilées; quelques portiques, à moitié renversés, laissaient entrevoir une idée confuse de son antique magnificence. Je marchais sur ces ruines, lorsque je fis rencontre d'un étrange vieillard assis sur le chapiteau d'une colonne. "Oh !...
"La Chaufferette" de Colette extrait du livre Journal à rebours publié en 1941. Mon premier hiver scolaire fut un grand hiver, j'allais à l'école entre deux murs de neige plus hauts que moi… Qu'a-t-on fait de ces grands hivers d'autrefois, blancs, solides, durables, embellis de neige, de contes fantastiques, de sapins et de loups ? Après avoir été aussi réels que mon enfance, ils sont donc aussi perdus qu'elle ? Aussi perdus que la vieille Mlle...
Alfred de MUSSET (1810-1857) (Recueil : Poésies nouvelles) - La nuit de mai
LA MUSE
Poète, prends ton luth et me donne un baiser ;
La fleur de l'églantier sent ses bourgeons éclore,
Le printemps naît ce soir ; les vents vont s'embraser ;
Et la bergeronnette, en attendant l'aurore,
Aux premiers buissons verts commence à se poser.
Poète, prends ton luth, et me donne un...
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