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POUR LE SUJET: Comment le théâtre permet-il de persuader et d'émouvoir ?
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POUR LE SUJET: Les écrivains écrivent-ils seulement pour amuser ?
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Éphraïm MIKHAËL (1866-1890) - L'automne

Éphraïm MIKHAËL (1866-1890) - L'automne

Le parc bien clos s'emplit de paix et d'ombre lente :
Un vent grave a soufflé sur le naïf orgueil
Du lys et la candeur de la rose insolente ;
Mais les arbres sont beaux comme des rois en deuil.

Encore un soir ! Des voix éparses dans l'automne
Parlent de calme espoir et d'oubli ; l'on dirait
Qu'un verbe de...

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Robert de MONTESQUIOU (1855-1921) (Recueil : Les chauves-souris) - Hymne à la nuit

Robert de MONTESQUIOU (1855-1921) (Recueil : Les chauves-souris) - Hymne à la nuit

Le mystère des nuits exalte les coeurs chastes !
Ils y sentent s'ouvrir comme un embrassement
Qui, dans l'éternité de ses caresses vastes,
Comble tous les désirs, dompte chaque tourment.

Le parfum de la nuit enivre le coeur tendre !
La fleur qu'on ne voit pas a des baumes plus forts...
Tout sens...

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Jean MORÉAS (1856-1910) (Recueil : Enone au clair visage) - Autrefois je tirais ...

Jean MORÉAS (1856-1910) (Recueil : Enone au clair visage) - Autrefois je tirais ...

Autrefois je tirais de mes flûtes légères
Des fredons variés qui plaisaient aux bergères
Et rendaient attentifs celui qui dans la mer
Jette ses lourds filets et celui qui en l'air
Dresse un piège invisible et ceux qui d'aiguillons
Poussent parmi les champs les boeufs creuse-sillons.
Priape même, alors, sur le seuil d'un verger,
En bois dur figuré, semblait m'encourager.

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Hégésippe MOREAU (1810-1838) (Recueil : Le myosotis) - La Voulzie

Hégésippe MOREAU (1810-1838) (Recueil : Le myosotis) - La Voulzie

Élégie

S'il est un nom bien doux fait pour la poésie,
Oh ! dites, n'est-ce pas le nom de la Voulzie ?
La Voulzie, est-ce un fleuve aux grandes îles ? Non ;
Mais, avec un murmure aussi doux que son nom,
Un tout petit ruisseau coulant visible à peine ;
Un géant altéré le boirait...

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Anna de NOAILLES (1876-1933) (Recueil : Le coeur innombrable) - Bittô

Anna de NOAILLES (1876-1933) (Recueil : Le coeur innombrable) - Bittô

Le bourdonnant été, doré comme du miel,
Parfumé de citrons, de résine et de menthe,
Balance au vent sucré son rêve sensuel
Et baigne son visage au clair de l'eau dormante.

Les pesants papillons ont alangui les fleurs,
Le cytise odorant et la belle mélisse
Infusent doucement dans la grande chaleur,
Le soleil joue...

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Anna de NOAILLES (1876-1933) (Recueil : Le coeur innombrable) - Les parfums

Anna de NOAILLES (1876-1933) (Recueil : Le coeur innombrable) - Les parfums

Mon coeur est un palais plein de parfums flottants
Qui s'endorment parfois aux plis de ma mémoire,
Et le brusque réveil de leurs bouquets latents
- Sachets glissés au coin de la profonde armoire -
Soulève le linceul de mes plaisirs défunts
Et délie en pleurant leurs tristes bandelettes...
Puissance exquise, dieux évocateurs, parfums,
Laissez fumer...

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Germain NOUVEAU (1851-1920) (Recueil : Poésies d'Humilis) - L'Amour de l'Amour

Germain NOUVEAU (1851-1920) (Recueil : Poésies d'Humilis) - L'Amour de l'Amour

I

Aimez bien vos amours ; aimez l'amour qui rêve
Une rose à la lèvre et des fleurs dans les yeux ;
C'est lui que vous cherchez quand votre avril se lève,
Lui dont reste un parfum quand vos ans se font vieux.

Aimez l'amour qui joue au soleil des peintures,
Sous l'azur de la Grèce, autour...

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Jean RACINE (1639-1699) (Recueil : Cantiques spirituels) - A la louange de la Charité

Jean RACINE (1639-1699) (Recueil : Cantiques spirituels) - A la louange de la Charité

Les Méchants m'ont vanté leurs mensonges frivoles :
Mais je n'aime que les paroles
De l'éternelle Vérité.
Plein du feu divin qui m'inspire,
Je consacre aujourd'hui ma Lyre
A la céleste Charité.

En vain je parlerais le langage des Anges.
En vain, mon Dieu, de tes louanges
Je remplirais tout l'Univers :
Sans amour,...

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Rainer Maria RILKE (1875-1926) (Recueil : Les quatrains valaisans) - C'est presque l'invisible qui luit

Rainer Maria RILKE (1875-1926) (Recueil : Les quatrains valaisans) - C'est presque l'invisible qui luit

C'est presque l'invisible qui luit
au-dessus de la pente ailée ;
il reste un peu d'une claire nuit
à ce jour en argent mêlée.

Vois, la lumière ne pèse point
sur ces obéissants contours
et, là-bas, ces hameaux, d'être loin,
quelqu'un les console toujours....

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Rainer Maria RILKE (1875-1926) (Recueil : Vergers) - La déesse

Rainer Maria RILKE (1875-1926) (Recueil : Vergers) - La déesse

Au midi vide qui dort
combien de fois elle passe,
sans laisser à la terrasse
le moindre soupçon d'un corps.

Mais si la nature la sent,
l'habitude de l'invisible
rend une clarté terrible
à son doux contour apparent....

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Arthur RIMBAUD (1854-1891) (Recueil : Derniers vers) - Age d'or

Arthur RIMBAUD (1854-1891) (Recueil : Derniers vers) - Age d'or

Quelqu'une des voix
Toujours angélique
- Il s'agit de moi, -
Vertement s'explique :

Ces mille questions
Qui se ramifient
N'amènent, au fond,
Qu'ivresse et folie ;

Reconnais ce tour
Si gai, si facile :
Ce n'est qu'onde, flore,
Et c'est ta famille !

Puis elle chante. Ô
Si gai, si facile,
Et visible à...

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Arthur RIMBAUD (1854-1891) (Recueil : Poésies) - Les assis

Arthur RIMBAUD (1854-1891) (Recueil : Poésies) - Les assis

Noirs de loupes, grêlés, les yeux cerclés de bagues
Vertes, leurs doigts boulus crispés à leurs fémurs,
Le sinciput plaqué de hargnosités vagues
Comme les floraisons lépreuses des vieux murs ;

Ils ont greffé dans des amours épileptiques
Leur fantasque ossature aux grands squelettes noirs
De leurs chaises ; leurs pieds aux barreaux rachitiques
S'entrelacent pour les matins et pour les soirs...

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Georges RODENBACH (1855-1898) (Recueil : Le règne du silence) - En des quartiers déserts de couvents et d'hospices

Georges RODENBACH (1855-1898) (Recueil : Le règne du silence) - En des quartiers déserts de couvents et d'hospices

En des quartiers déserts de couvents et d'hospices,
Des quartiers d'exemplaire et stricte piété,
Je sais des murs en deuil vieillis sous les auspices
D'un calvaire où s'étale un christ ensanglanté :

Plantée en ses cheveux, la couronne d'épines
Forme un buisson de clous, -le corps est en ruines,
Livide, comme si la...

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Georges RODENBACH (1855-1898) (Recueil : Le règne du silence) - En province

Georges RODENBACH (1855-1898) (Recueil : Le règne du silence) - En province

En province, dans la langueur matutinale
Tinte le carillon, tinte dans la douceur
De l'aube qui regarde avec des yeux de soeur,
Tinte le carillon, - et sa musique pâle

S'effeuille fleur à fleur sur les toits d'alentour,
Et sur les escaliers des pignons noirs s'effeuille
Comme un bouquet de sons mouillés que le vent cueille,
Musique du matin...

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Georges RODENBACH (1855-1898) (Recueil : Le règne du silence) - L'hostie est comme un clair de lune dans l'église

Georges RODENBACH (1855-1898) (Recueil : Le règne du silence) - L'hostie est comme un clair de lune dans l'église

L'hostie est comme un clair de lune dans l'église.
Or les songeurs errants et les extasiés
Qui vont par les jardins où dans une ombre grise
Des papillons fripés meurent sur les rosiers,

Ceux que la nuit pieuse a pour catéchumènes
Regardant l'astre à la chevelure d'argent
Peu à peu croient y...

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Georges RODENBACH (1855-1898) (Recueil : Le règne du silence) - Quand le soir est tombé dans la chambre quiète

Georges RODENBACH (1855-1898) (Recueil : Le règne du silence) - Quand le soir est tombé dans la chambre quiète

Quand le soir est tombé dans la chambre quiète
Mélancoliquement, seul le lustre émiette
Son bruit d'incontenté dans le silence clos.
Lustre toujours vibrant comme un arbre d'échos,

Lustre aux calices fins en verre de Venise
Où la douleur de la poussière s'éternise,
Mais en gémissements qu'à peine on remarqua,
Grêles comme...

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Georges RODENBACH (1855-1898) (Recueil : Le règne du silence) - Songeur, dans de beaux rêves t'absorbant

Georges RODENBACH (1855-1898) (Recueil : Le règne du silence) - Songeur, dans de beaux rêves t'absorbant

Songeur, dans de beaux rêves t'absorbant,
La pendule, à l'heure où seul tu médites,
T'afflige avec ses bruits froids, stalactites
Du temps qui s'égoutte et pleure en tombant.

C'est une eau qui filtre en petites chutes
Et soudain se glace aux parois du coeur ;
Et cela produit toute une langueur
L'émiettement de l'heure en...

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Georges RODENBACH (1855-1898) (Recueil : Les vies encloses) - Toute une vie en nous, non visible, circule

Georges RODENBACH (1855-1898) (Recueil : Les vies encloses) - Toute une vie en nous, non visible, circule

Toute une vie en nous, non visible, circule
Et s'enchevêtre en longs remous intermittents ;
Notre âme en est variable comme le temps ;
Tantôt il y fait jour et tantôt crépuscule,
Selon de brefs et de furtifs dérangements
Tels que ceux du feuillage et des étangs dormants.
Pourquoi ces accès...

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Georges RODENBACH (1855-1898) (Recueil : La jeunesse blanche) - Vieux quais

Georges RODENBACH (1855-1898) (Recueil : La jeunesse blanche) - Vieux quais

Il est une heure exquise à l'approche des soirs,
Quand le ciel est empli de processions roses
Qui s'en vont effeuillant des âmes et des roses
Et balançant dans l'air des parfums d'encensoirs.

Alors tout s'avivant sous les lueurs décrues
Du couchant dont s'éteint peu à peu la rougeur,
Un charme se révèle aux yeux...

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Maurice ROLLINAT (1846-1903) (Recueil : Paysages et paysans) - La grande cascade

Maurice ROLLINAT (1846-1903) (Recueil : Paysages et paysans) - La grande cascade

A cette heure, elle n'est sensible,
La grande cascade du roc,
Qui par son tonnerre d'un bloc,
La nuit la rend toute invisible.

Et, pourtant, sa rumeur compacte
Décèle son bavement fou,
Sa chute à pic, en casse-cou,
Son ruement lourd de cataracte.

Un instant, l'astre frais et pur

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Au jardin de l'infante) - Elégie

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Au jardin de l'infante) - Elégie

A Gabriel Randon.

Quand la nuit verse sa tristesse au firmament,
Et que, pâle au balcon, de ton calme visage
Le signe essentiel hors du temps se dégage,
Ce qui t'adore en moi s'émeut profondément.

C'est l'heure de pensée où s'allument les lampes.
La ville, où peu à peu toute rumeur s'éteint,

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Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Au jardin de l'infante) - Even-tide

Albert SAMAIN (1858-1900) (Recueil : Au jardin de l'infante) - Even-tide

Dans la lente douceur d'un soir des derniers jours
La ville haletante exhale ses fumées.
Frère de nonchaloir, le fleuve aux eaux lamées
Roule un flot de légende au pied des vieilles tours.

Le peuple, regagnant sans hâte sa demeure,
Fait sonner sous ses pas la pierre du vieux pont,
Dont l'âme fatiguée aux siècles...

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Paul SCARRON (1610-1660) - A Mademoiselle du Lude

Paul SCARRON (1610-1660) - A Mademoiselle du Lude

Stances burlesques

Bel enfant de quinze ans, dru comme pere et mere,
Aymable comme un Ange ou deux,
Que le fils de celuy qui sera ton beau-pere
Se pourra dire un homme heureux !

Ils ont fait de leur mieux, ceux qui t'ont mise au monde,
Et t'ont faite avec tant d'appas,
Que s'ils vouloient tascher d'en...

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Georges de SCUDÉRY (1601-1667) - Pour une Dame qui filait

Georges de SCUDÉRY (1601-1667) - Pour une Dame qui filait

Plus charmante qu'Omphale et plus que Déjanire,
Philis en se jouant pirouette un fuseau,
Mais un fuseau d'ébène, aussi riche que beau,
Mais d'un air si galant qu'on ne le saurait dire.

Il tourne, il se grossit ; de celui qu'elle tire
Il descend ; il remonte et descend de nouveau,
Et de ses doigts d'albâtre...

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Victor SEGALEN (1878-1919) (Recueil : Stèles) - Les trois hymnes primitifs

Victor SEGALEN (1878-1919) (Recueil : Stèles) - Les trois hymnes primitifs

LES LACS

Les lacs, dans leurs paumes rondes noient le visage du Ciel :

J'ai tourné la sphère pour observer le Ciel.

Les lacs, frappés d'échos fraternels en nombre douze :

J'ai fondu les douze cloches qui fixent les tons musicaux.

*

Lac mouvant, firmament...

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