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POUR LE SUJET: Comment le théâtre permet-il de persuader et d'émouvoir ?
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Émile GOUDEAU (1849-1906) (Recueil : Fleurs du bitume) - La ronde du remords

Émile GOUDEAU (1849-1906) (Recueil : Fleurs du bitume) - La ronde du remords

Je sortais d'une orgie âcre et stupéfiante
Où ma raison avait brûlé comme un sarment ;
Plus lourde que le plomb, l'atmosphère ambiante
Faisait craquer mes os tordus d'accablement.
La fièvre secouait les cloisons de ma tempe,
Et dans le cercle blanc et rouge de la lampe
L'horreur des visions tournait cruellement.

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Charles GUÉRIN (1873-1907) (Recueil : Le coeur solitaire) - Ce coeur plaintif, ce coeur d'automne

Charles GUÉRIN (1873-1907) (Recueil : Le coeur solitaire) - Ce coeur plaintif, ce coeur d'automne

Ce coeur plaintif, ce coeur d'automne,
Qui veut l'aimer ?
Ma belle enfant, on vous le donne
Pour un baiser.

Amusez-vous, car je vous vois
Inoccupée,
A le briser, comme autrefois
Votre poupée.

Ce sera moins long que les roses
A déchirer,
Puis vous irez à d'autres choses,
Et moi pleurer....

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Charles GUÉRIN (1873-1907) (Recueil : Le coeur solitaire) - Je t'apporte, buisson de roses funéraires

Charles GUÉRIN (1873-1907) (Recueil : Le coeur solitaire) - Je t'apporte, buisson de roses funéraires

Je t'apporte, buisson de roses funéraires,
Ces vers, à toi déjà lointaine et presque morte,
Ô douloureuse enfant qui passes dans mes rêves ;
Moi qui t'ai vue heureuse et belle, je t'apporte
Ces vers, comme un bouquet de lys sur ta beauté.
Tu sus trop tôt que l'homme est âprement mauvais,
Et...

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Charles GUÉRIN (1873-1907) (Recueil : Joies grises) - Le rosaire des cloches

Charles GUÉRIN (1873-1907) (Recueil : Joies grises) - Le rosaire des cloches

Les cloches dans leurs tours égrènent un rosaire
Mélancolique, par l'air d'une nuit d'été.
Or j'ai bu le poison aux yeux de la Beauté,
Et j'ai peine à ne pas crier sous ma misère.

Ô lourd ciboire où le damné se désaltère !
Ô coupe d'or sanglant où dort l'eau du Léthé !...
Les...

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Charles GUÉRIN (1873-1907) (Recueil : Le sang des crépuscules) - Le vent est doux comme une main de femme

Charles GUÉRIN (1873-1907) (Recueil : Le sang des crépuscules) - Le vent est doux comme une main de femme

Le vent est doux comme une main de femme,
Le vent du soir qui coule dans mes doigts ;
L'oiseau bleu s'envole et voile sa voix,
Les lys royaux s'effeuillent dans mon âme ;

Au clavecin s'alanguissent les gammes,
Le soleil est triste et les coeurs sont froids...

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Charles GUÉRIN (1873-1907) (Recueil : Le coeur solitaire) - Parfois, sur les confins du sommeil qui s'achève

Charles GUÉRIN (1873-1907) (Recueil : Le coeur solitaire) - Parfois, sur les confins du sommeil qui s'achève

Parfois, sur les confins du sommeil qui s'achève,
A l'heure où l'âme est triste et flotte au bas du rêve,
Un souvenir d'amour nous étreint à la gorge,
Vivant et si profond qu'on en voudrait mourir.
Le coeur, rempli de pleurs voluptueux, déborde ;
On mord en sanglotant les draps, la chair...

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José-Maria de HEREDIA (1842-1905) (Recueil : Les Trophées) - A Claudius Popelin

José-Maria de HEREDIA (1842-1905) (Recueil : Les Trophées) - A Claudius Popelin

Dans le cadre de plomb des fragiles verrières,
Les maîtres d'autrefois ont peint de hauts barons
Et, de leurs doigts pieux tournant leurs chaperons,
Ployé l'humble genou des bourgeois en prières.

D'autres sur le vélin jauni des bréviaires
Enluminaient des Saints parmi de beaux fleurons,
Ou laissaient rutiler, en traits souples et prompts,

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José-Maria de HEREDIA (1842-1905) (Recueil : Les Trophées) - Épiphanie

José-Maria de HEREDIA (1842-1905) (Recueil : Les Trophées) - Épiphanie

Donc, Balthazar, Melchior et Gaspar, les Rois Mages,
Chargés de nefs d'argent, de vermeil et d'émaux
Et suivis d'un très long cortège de chameaux,
S'avancent, tels qu'ils sont dans les vieilles images.

De l'Orient lointain, ils portent leurs hommages
Aux pieds du fils de Dieu, né pour guérir les maux
Que souffrent ici-bas l'homme et les...

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José-Maria de HEREDIA (1842-1905) (Recueil : Les Trophées) - Fleur séculaire

José-Maria de HEREDIA (1842-1905) (Recueil : Les Trophées) - Fleur séculaire

Sur le roc calciné de la dernière rampe
Où le flux volcanique autrefois s'est tari,
La graine que le vent au haut Gualatieri
Sema, germe, s'accroche et, frêle plante, rampe.

Elle grandit. En l'ombre où sa racine trempe,
Son tronc, buvant la flamme obscure, s'est nourri ;
Et les soleils d'un siècle ont longuement mûri...

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José-Maria de HEREDIA (1842-1905) (Recueil : Les Trophées) - Hortorum Deus (I)

José-Maria de HEREDIA (1842-1905) (Recueil : Les Trophées) - Hortorum Deus (I)

Olim truncus eram ficulnus.
HORACE.

A Paul Arène.

N'approche pas ! Va-t'en ! Passe au large, Étranger !
Insidieux pillard, tu voudrais, j'imagine,
Dérober les raisins, l'olive ou l'aubergine
Que le soleil mûrit à l'ombre du verger ?

J'y veille. A coups de serpe, autrefois, un berger
M'a...

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José-Maria de HEREDIA (1842-1905) (Recueil : Les Trophées) - Le voeu

José-Maria de HEREDIA (1842-1905) (Recueil : Les Trophées) - Le voeu

Jadis l'Ibère noir et le Gall au poil fauve
Et le Garumne brun peint d'ocre et de carmin,
Sur le marbre votif entaillé par leur main,
Ont dit l'eau bienfaisante et sa vertu qui sauve.

Puis les Imperators, sous le Venasque chauve,
Bâtirent la piscine et le therme romain,
Et Fabia Festa, par ce même...

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Antoine HOUDAR DE LA MOTTE (1672-1731) (Recueil : Fables) - Le soc et l'épée

Antoine HOUDAR DE LA MOTTE (1672-1731) (Recueil : Fables) - Le soc et l'épée

Autrefois le soc et l'épée
Se rencontrèrent dans les champs ;
De sa noblesse, elle, tout occupée,
Ne semblait pas apercevoir les gens.
Le soc donne un salut, sans que l'autre le rende.
Pourquoi, dit-il, cette fierté ?
- L'ignores-tu ? belle demande !
Tu n'es qu'un roturier ; je suis de qualité.
- Eh ! d'où prends-tu, dit-il, ta...

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Victor HUGO (1802-1885) (Recueil : Les contemplations) - A celle qui est restée en France

Victor HUGO (1802-1885) (Recueil : Les contemplations) - A celle qui est restée en France

I

Mets-toi sur ton séant, lève tes yeux, dérange
Ce drap glacé qui fait des plis sur ton front d'ange,
Ouvre tes mains, et prends ce livre : il est à toi.

Ce livre où vit mon âme, espoir, deuil, rêve, effroi,
Ce livre qui contient le spectre de ma vie,

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Victor HUGO (1802-1885) (Recueil : Les châtiments) - Aux morts du 4 décembre

Victor HUGO (1802-1885) (Recueil : Les châtiments) - Aux morts du 4 décembre

Jouissez du repos que vous donne le maître.
Vous étiez autrefois des coeurs troublés peut-être,
Qu'un vain songe poursuit ;
L'erreur vous tourmentait, ou la haine, ou l'envie ;
Vos bouches, d'où sortait la vapeur de la vie,
Étaient pleines de bruit.

Faces confusément l'une à l'autre apparues,
Vous alliez et veniez...

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Victor HUGO (1802-1885) (Recueil : Les quatre vents de l'esprit) - Chanson d'autrefois (autre)

Victor HUGO (1802-1885) (Recueil : Les quatre vents de l'esprit) - Chanson d'autrefois (autre)

Jamais elle ne raille,
Étant un calme esprit ;
Mais toujours elle rit. -
Voici des brins de mousse avec des brins de paille ;
Fauvette des roseaux,
Fais ton nid sur les eaux.

Quand sous la clarté douce
Qui sort de tes beaux yeux,
On passe, on est joyeux. -

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Victor HUGO (1802-1885) (Recueil : Les quatre vents de l'esprit) - Chanson d'autrefois

Victor HUGO (1802-1885) (Recueil : Les quatre vents de l'esprit) - Chanson d'autrefois

Quelqu'un connaît-il ma cachette ?
C'est un lieu calme, où le ciel clair
En un jour de printemps rachète
Le mal qu'ont fait six mois d'hiver.

Il y coule des eaux charmantes ;
L'iris y naît dans les roseaux ;
Et le murmure des amantes
S'y mêle au babil des oiseaux.

Là vivent,...

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Victor HUGO (1802-1885) (Recueil : Toute la lyre) - Dans la forêt

Victor HUGO (1802-1885) (Recueil : Toute la lyre) - Dans la forêt

De quoi parlait le vent ? De quoi tremblaient les branches ?
Était-ce, en ce doux mois des nids et des pervenches,
Parce que les oiseaux couraient dans les glaïeuls,
Ou parce qu'elle et moi nous étions là tout seuls ?
Elle hésitait. Pourquoi ? Soleil, azur, rosées,
Aurore ! Nous tâchions d'aller, pleins de pensées,
Elle...

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Victor HUGO (1802-1885) (Recueil : Les chansons des rues et des bois) - L'oubli

Victor HUGO (1802-1885) (Recueil : Les chansons des rues et des bois) - L'oubli

Autrefois inséparables,
Et maintenant séparés.
Gaie, elle court dans les prés,
La belle aux chants adorables ;

La belle aux chants adorés,
Elle court dans la prairie ;
Les bois pleins de rêverie
De ses yeux sont éclairés.

Apparition exquise !
Elle marche en soupirant,
Avec...

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Victor HUGO (1802-1885) (Recueil : La fin de Satan) - La plume de Satan

Victor HUGO (1802-1885) (Recueil : La fin de Satan) - La plume de Satan

La plume, seul débris qui restât des deux ailes
De l'archange englouti dans les nuits éternelles,
Était toujours au bord du gouffre ténébreux.
Les morts laissent,ainsi quelquefois derrière eux
Quelque chose d'eux-même au seuil de la nuit triste,
Sorte de lueur vague et sombre, qui persiste.

Cette plume avait-elle une âme ? qui...

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Victor HUGO (1802-1885) (Recueil : Les contemplations) - La vie aux champs

Victor HUGO (1802-1885) (Recueil : Les contemplations) - La vie aux champs

Le soir, à la campagne, on sort, on se promène,
Le pauvre dans son champ, le riche en son domaine ;
Moi, je vais devant moi ; le poète en tout lieu
Se sent chez lui, sentant qu'il est partout chez Dieu.
Je vais volontiers seul. Je médite ou j'écoute.
Pourtant, si quelqu'un veut m'accompagner en route,...

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Victor HUGO (1802-1885) (Recueil : La légende des siècles) - Les pauvres gens

Victor HUGO (1802-1885) (Recueil : La légende des siècles) - Les pauvres gens

Il est nuit. La cabane est pauvre, mais bien close.
Le logis est plein d'ombre et l'on sent quelque chose
Qui rayonne à travers ce crépuscule obscur.
Des filets de pêcheur sont accrochés au mur.
Au fond, dans l'encoignure où quelque humble vaisselle
Aux planches d'un bahut vaguement étincelle,
On distingue un grand lit aux...

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Victor HUGO (1802-1885) (Recueil : Les quatre vents de l'esprit) - Nuits d'hiver

Victor HUGO (1802-1885) (Recueil : Les quatre vents de l'esprit) - Nuits d'hiver

I

Comme la nuit tombe vite !
Le jour, en cette saison,
Comme un voleur prend la fuite,
S'évade sous l'horizon.

Il semble, ô soleil de Rome,
De l'Inde et du Parthénon,
Que, quand la nuit vient de l'homme
Visiter le cabanon,

Tu ne veux pas qu'on te voie,...

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Victor HUGO (1802-1885) (Recueil : Les voix intérieures) - Passé

Victor HUGO (1802-1885) (Recueil : Les voix intérieures) - Passé

C'était un grand château du temps de Louis treize.
Le couchant rougissait ce palais oublié.
Chaque fenêtre au loin, transformée en fournaise,
Avait perdu sa forme et n'était plus que braise.
Le toit disparaissait dans les rayons noyé.

Sous nos yeux s'étendait, gloire antique abattue,
Un de ces parcs dont l'herbe inonde le chemin,
Où dans...

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Victor HUGO (1802-1885) (Recueil : Les chants du crépuscule) - Puisque nos heures sont remplies

Victor HUGO (1802-1885) (Recueil : Les chants du crépuscule) - Puisque nos heures sont remplies

Puisque nos heures sont remplies
De trouble et de calamités ;
Puisque les choses que tu lies
Se détachent de tous côtés ;

Puisque nos pères et nos mères
Sont allés où nous irons tous,
Puisque des enfants, têtes chères,
Se sont endormis avant nous ;

Puisque...

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Victor HUGO (1802-1885) (Recueil : Les contemplations) - Quand nous habitions tous ensemble

Victor HUGO (1802-1885) (Recueil : Les contemplations) - Quand nous habitions tous ensemble

Quand nous habitions tous ensemble
Sur nos collines d'autrefois,
Où l'eau court, où le buisson tremble,
Dans la maison qui touche aux bois,

Elle avait dix ans, et moi trente ;
J'étais pour elle l'univers.
Oh! comme l'herbe est odorante
Sous les arbres profonds et verts !

Elle faisait mon sort prospère,
Mon travail léger,...

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