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POUR LE SUJET: Comment le théâtre permet-il de persuader et d'émouvoir ?
TAPEZ LES MOTS-CLES: théâtre persuader ou théâtre émouvoir

POUR LE SUJET: Les écrivains écrivent-ils seulement pour amuser ?
TAPEZ LES MOTS-CLES: écrivains amuser
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Jerome K. Jerome, Trois hommes dans un bateau.

Jerome K. Jerome, Trois hommes dans un bateau. Après déjeuner, une petite brise nous emmena doucement jusqu'au-delà de Wargrave et de Shiplake. Paressant au soleil d'un bel après-midi d'été, Wargrave, nichée au creux d'un méandre, a l'air d'un tableau ancien dont on garde longtemps en mémoire l'image douillette. George et le Dragon : tel est le nom d'un pub de la ville qui tire une particulière fierté de son enseigne. Elle a été peinte d'un côté...

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Jerome K. Jerome, Trois hommes dans un bateau.

Jerome K. Jerome, Trois hommes dans un bateau. L'après-midi s'achevait à peine lorsque nous fûmes installés et, comme nous disposions de tout notre temps, George estima qu'il fallait en profiter pour nous préparer un bon dîner. Il se proposait de nous montrer ce qu'on pouvait faire en matière de cuisine quand on campe au bord de la Tamise : avec des légumes, le reste du rôti et divers autres ingrédients, nous avions de quoi confectionner un...

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Marie Shelley, Frankenstein.

Marie Shelley, Frankenstein. Le professeur Krempe me demandait parfois, avec un sourire sardonique, comment allait Corneille Agrippa, tandis que M. Waldman manifestait la plus sincère satisfaction devant mon engouement. Deux années passèrent ainsi, durant lesquelles je ne retournai jamais à Genève, engagé que j'étais, corps et âme, dans la poursuite de découvertes auxquelles j'espérais aboutir. Quiconque n'a pas entendu les irrésistibles appels de la science ne peut concevoir leur tyrannie. Dans les autres branches, on peut...

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Marie Shelley, Frankenstein.

Marie Shelley, Frankenstein. Je me réveillai, frissonnant d'effroi. Une sueur froide me mouillait le front, mes dents claquaient et des frémissements secouaient mes membres. A la lueur jaunâtre des rayons lunaires qui filtraient par les fentes des volets, j'aperçus soudain le misérable, le monstre que j'avais créé. Il avait soulevé la tenture de mon lit, et ses yeux – si l'on peut leur donner ce nom – étaient fixés sur moi. Il ouvrit la bouche et...

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Raymond Queneau, Zazie dans le métro, I.

Raymond Queneau, Zazie dans le métro, I. Et il leva le bras comme s'il voulait donner la beigne à son interlocuteur. Sans insister, celui-ci s'en alla de lui-même au sol, parmi les jambes des gens. Il avait une grosse envie de pleurer. Heureusement vlà ltrain qu'entre en gare, ce qui change le paysage. La foule parfumée dirige ses multiples regards vers les arrivants qui commencent à défiler, les hommes d'affaires en tête au pas accéléré avec...

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Raymond Queneau, Zazie dans le métro, III.

Raymond Queneau, Zazie dans le métro, III. Dans un coin de la pièce, Marceline avait installé une sorte de cabinet de toilette. Une table, une cuvette, un broc, tout comme si ç'avait été une cambrousse reculée. Comme ça Zazie serait pas dépaysée. Mais Zazie était dépassée. Elle pratiquait le bidet fixe vissé dans le plancher et connaissait, pour en avoir usé, mainte autre merveille de l'art sanitaire. Ecœurée par ce primitivisme, elle s'humecta, se tamponna un...

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Raymond Queneau, Zazie dans le métro, III.

Raymond Queneau, Zazie dans le métro, III. C'est une rue tranquille. Les autos y passent si rarement que l'on pourrait jouer à la marelle sur la chaussée. Il y a quelques magasins d'usage courant et de mine provinciale. Des personnes vont et viennent d'un pas raisonnable. Quand elles traversent, elles regardent d'abord à gauche ensuite à droite joignant le civisme à l'excès de prudence. Zazie n'est pas tout à fait déçue, elle sait qu'elle est bien...

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Marcel Aymé, Travelingue.

Marcel Aymé, Travelingue. Le mariage fut célébré à Saint-Honoré d'Eylau. Y assistaient, pour le principal, sept grosses têtes de l'industrie lourde, cinq personnes nobles, un ministre et deux généraux. Le voyage de noces se fit en Egypte et dura deux mois au bout desquels le couple se retrouva déjeunant rue Spontini chez les parents de la jeune femme où étaient réunies huit personnes, tout compté. La pièce était nue, sans autres meubles que la table et...

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Marcel Aymé, Travelingue IV.

Marcel Aymé, Travelingue IV. Le déjeuner fut, comme à l'ordinaire, très familial, discrètement animé. Bernard n'aurait pas osé penser que la conversation y était futile. Pierre se fit raconter la partie de tennis du matin, puis entretint sa belle-mère d'un grand match de rugby à treize qui devait se jouer le dimanche suivant dans le Sud-Ouest. Mme Lasquin répondait avec cette douceur, voilée de mélancolie, des personnes qui ont au cœur une plaie inguérissable. Pontdebois,...

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Racine, Phèdre, Acte I, scène 1.

Racine, Phèdre, Acte I, scène 1. HIPPOLYTE Le dessein en est pris : je pars, cher Théramène, Et quitte le séjour de l'aimable Trézène. Dans le doute mortel dont je suis agité, Je commence à rougir de mon oisiveté. Depuis plus de six mois éloigné de mon père, J'ignore le destin d'une tête si chère ; J'ignore jusqu'aux lieux qui le peuvent cacher. THÉRAMÈNE Et dans quels lieux, Seigneur, l'allez-vous donc chercher ? Déjà,...

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Beckett, En attendant Godot. I.

Beckett, En attendant Godot. I. Route à la campagne, avec arbre. Soir. Estragon, assis sur une pierre, essaie d'enlever sa chaussure. Il s'y acharne des deux mains, en ahanant. Il s'arrête, à bout de forces, se repose en haletant, recommence. Même jeu. Entre Vladimir. ESTRAGON (renonçant à nouveau) : Rien à faire. VLADIMIR (s'approchant à petits pas raides, les jambes écartées) : Je commence à le croire. (Il s'immobilise.) J'ai longtemps résisté à cette...

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Tchékhov, La Cerisaie, acte I.

Tchékhov, La Cerisaie, acte I. LOPAKHINE : Je voudrais vous dire des choses très agréables, qui vous réjouissent. (Consultant sa montre) Mais je pars à l'instant, pas le temps de bavarder... deux ou trois mots seulement. Vous le savez déjà, votre Cerisaie sera vendue pour dettes, la vente est fixée au vingt-deux août, mais ne vous inquiétez de rien, chère amie, dormez en paix. Il y a une solution. Voici mon projet. Je réclame toute votre...

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Marguerite Yourcenar, L'Œuvre au noir, (1968) (La voix publique)

Marguerite Yourcenar, L'Œuvre au noir, (1968) (La voix publique) On sut plus tard qu'il avait d'abord passé quelque temps à Gand, chez le prévôt mitré[1] de Saint-Bavon, qui s'occupait d'alchimie. On crut ensuite l'avoir vu à Paris, dans cette rue de la Bûcherie où les étudiants dissèquent en secret des morts, et où se prennent comme un mauvais air le pyrrhonisme[2] et l'hérésie. D'autres, fort dignes de foi, assuraient qu'il tenait ses diplômes de l'Université de...

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Casanova, Mémoires. Préface.

Casanova, Mémoires. Préface. Cultiver le plaisir des sens fut toujours ma principale affaire : je n'en eus jamais de plus importante. Me sentant né pour le beau sexe, je l'ai toujours aimé et m'en suis fait aimer tant que j'ai pu. J'ai aussi aimé la bonne chère avec transport, et j'ai toujours été passionné pour tous les objets qui ont excité ma curiosité. J'ai eu des amis qui m'ont fait du bien, et le bonheur de pouvoir...

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Sarraute, Enfance.

Sarraute, Enfance. « Cher petit oreiller, doux et chaud sous ma tête, plein de plume choisie, et blanc et fait pour moi… » tout en récitant, j'entends ma petite voix que je rends plus aiguë qu'elle ne l'est pour qu'elle soit la voix d'une toute petite fille, et aussi la niaiserie affectée de mes intonations… je perçois parfaitement combien est fausse, ridicule, cette imitation de l'innocence, de la naïveté d'un petit enfant, mais il est trop...

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Émile Zola, Germinal, 1885.

Émile Zola, Germinal, 1885. ? Non, non, je ne veux pas regarder, dit Cécile en allant se blottir dans le foin. Mme Hennebeau, très pâle, prise d'une colère contre ces gens qui gâtaient un de ses plaisirs, se tenait en arrière, avec un regard oblique et répugné ; tandis que Lucie et Jeanne, malgré leur tremblement, avaient mis un œil à une fente, désireuses de ne rien perdre du spectacle. Le roulement de tonnerre approchait, la terre fut...

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Musset, Lorenzaccio, Acte I, scène 1.

Musset, Lorenzaccio, Acte I, scène 1. Scène I : Un jardin. Clair de lune ; un pavillon dans le fond, un autre sur le devant. Entrent le duc et Lorenzo couverts de leurs manteaux ; Giomo, une lanterne à la main. LE DUC : Qu'elle se fasse attendre encore un quart d'heure, et je m'en vais. Il fait un froid de tous les diables. LORENZO : Patience, Altesse, patience. LE DUC : Elle devait sortir de chez sa...

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Musset, Lorenzaccio, Acte I, scène 6.

Musset, Lorenzaccio, Acte I, scène 6. CATHERINE : Le soleil commence à baisser. De larges bandes de pourpre traversent le feuillage, et la grenouille fait sonner sous les roseaux sa petite cloche de cristal. C'est une singulière chose que toutes les harmonies du soir avec le bruit lointain de cette ville. MARIE : Il est temps de rentrer ; noue ton voile autour de ton cou. CATHERINE : Pas encore, à moins que vous n'ayez froid....

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Maurice Barrès, La Colline inspirée, I.

Maurice Barrès, La Colline inspirée, I. Il est des lieux qui tirent l'âme de sa léthargie, des lieux enveloppés, baignés de mystère, élus de toute éternité pour être le siège de l'émotion religieuse. L'étroite prairie de Lourdes, entre un rocher et son gave rapide ; la plage mélancolique d'où les Saintes-Maries nous orientent vers la Sainte-Baume ; l'abrupt rocher de la Sainte-Victoire tout baigné d'horreur dantesque, quand on l'aborde par le vallon aux terres sanglantes...

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Maurice Barrès, La Colline inspirée, I.

Maurice Barrès, La Colline inspirée, I. Un homme a souffert de ce silence de Sion. Un homme, un prêtre, encadré de ses deux frères, prêtres eux-mêmes, les trois frères Baillard, au siècle dernier. On ne peut pas dire que ces personnages sont venus se placer dans la série des noms dignes de mémoire sur la colline nationale, et qu'ils forment le dernier anneau de la belle chaîne interrompue qui gît sur les friches de Sion-Vaudémont...

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André Gide, La Symphonie pastorale, premier cahier.

André Gide, La Symphonie pastorale, premier cahier. La voisine prit alors la chandelle, qu'elle dirigea vers un coin du foyers et je pus distinguer, accroupi dans l'âtre, un être incertain, qui paraissait endormi ; l'épaisse masse de ses cheveux cachait presque complètement son visage. – Cette fille aveugle ; une nièce, à ce que dit la servante ; c'est à quoi la famille se réduit, parait-il. Il faudra la mettre à l'hospice, sinon je ne sais...

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André Gide, La Symphonie pastorale, premier cahier.

André Gide, La Symphonie pastorale, premier cahier. 27 février La neige est tombée encore abondamment cette nuit. Les enfants sont ravis parce que bientôt, disent-ils, on sera forcé de sortir par les fenêtres. Le fait est que ce matin la porte est bloquée et que l'on ne peut sortir que par la buanderie. Hier, je m'étais assuré que le village avait des provisions en suffisance, car nous allons sans doute demeurer quelque temps isolés du reste de...

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André Gide, La Symphonie pastorale, premier cahier.

André Gide, La Symphonie pastorale, premier cahier. [27 février] Il me faut avouer ici la profonde déception où je me sentis sombrer les premiers jours. Certainement je m'étais fait tout un roman de l'éducation de Gertrude, et la réalité me forçait par trop d'en rabattre. L'expression indifférente, obtuse de son visage, ou plutôt son inexpressivité absolue glaçait jusqu'à sa source mon bon vouloir. Elle restait tout le long du jour, auprès du feu, sur la défensive, et...

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François Mauriac, Le Baiser au lépreux.

François Mauriac, Le Baiser au lépreux. Déjà son cou, sa douce gorge luisaient de moiteur. Des cils indéfinis ajoutaient à la chasteté des longues paupières sombres : visage encore baigné de vague enfance, virginité des lèvres puériles – et soudain ces fortes mains de garçon, ces mollets qu'au ras du talon comprimés de lacets, il fallait bien appeler chevilles ! Jean Péloueyre regardait sournoisement cet ange ; le petit-fils de Cadette, lui, la pouvait regarder en...

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Jean Giono, Regain.

Jean Giono, Regain. Quand le courrier de Banon passe à Vachères, c'est toujours dans les midi. On a beau partir plus tard de Manosque les jours où les pratiques font passer l'heure, quand on arrive à Vachères, c'est toujours midi. Réglé comme une horloge. C'est embêtant, au fond, d'être là au même moment tous les jours. Michel, qui conduit la patache, a essayé une fois de s'arrêter à la croisée du Revest-des-Brousses, et de "tailler une...

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