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EXEMPLES DE RECHERCHE
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Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les forces) - Le blé despotique
I
Sur l'immensité noire une lumière brille
Et se dirige à la rencontre du steamer
Qui stoppe avec des bruits de vapeur et de fer.
Dans la nuit un sifflet perce comme une vrille.
Attente. Dans un mât s'éteint le signal vert.
La lumière approchant décèle une coquille,
Une barque dansante et qui...
Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les alternances) - Le damné
Je voudrais que la nuit fût opaque et figée,
Définitive et sourde, une nuit d'hypogée ;
J'oserais approcher, soudainement hardi,
De la femme pour qui je suis un grain de sable,
Et d'un mot lui crier mon rêve inguérissable.
Elle ne rirait pas, devinant un maudit.
Pour m'imposer à sa pitié de curieuse,
Je ferais de...
Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les forces) - La brume
Le Saint-Laurent, mordu par les souffles d'automne,
S'exaspère. Partout sur le fleuve dément
L'âme des bois brûlés flotte languissamment.
Affolé, mon canot plonge dans l'eau gloutonne.
Pas d'oiseaux. Aucun coup de fusil ne résonne.
Le vaste et lourd brouillard, gris uniformément,
De son opacité cache tout mouvement
Et dams une caverne étrange m'emprisonne.
...
Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les forces) - La mouette
Aux coups de feu la mouette
N'a pas changé de chemin,
Et sa brune silhouette
Sur le ciel rose et carmin
Se découpe nette.
Par le seul appui du vent
Majestueuse elle plane,
Puis doucement, doucement,
Dans la brume diaphane
S'incline en avant :
Et glisse de telle sorte,
Qu'elle va choir où l'on voit
L'horizon...
Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les alternances) - La rivière aux trois ponts
Du haut de la côte pelée
Je l'aperçus courant, marchant,
Sinueuse, dans la vallée,
En plein soleil ou se cachant
Derrière un arbre, son ombrelle,
Ou dans un rideau de millet ;
Et lorsque j'arrivai près d'elle,
Sur son gravier elle riait.
" Trois ponts, dit-elle, pour un mille
De...
Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les forces) - L'Iroquois
Ainsi qu'en embuscade au socle qui l'attache
Et nu, comme autrefois ses aïeux au désert,
L'Iroquois belliqueux ranimé par Hébert,
Dans sa main de vaincu brandit toujours la hache.
Sous la pluie et la neige, impassible, il revoit
Les pirogues dansant de rapide en rapide,
Les poteaux de torture et les scalpes humides,
Les chasses des...
Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les alternances) - L'or
Je suis l'or, simulacre étrange de la vie,
Mode ultime de l'énergie
Que l'homme, prolongeant l'élan primordial,
Conçut pour insuffler une âme subalterne
À la matière qu'il gouverne,
À ses créations de fibre et de métal.
Je circule parmi les rêves
Et ceux que je touche se lèvent
Matérialisés en fantasques moissons
D'oeuvres d'art, de maisons,
De vin clair qui chatoie,
Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les forces) - L'éternel féminin
La montagne portait sa robe d'or bruni,
Or fragile tombant, feuille à feuille, des branches,
Dans le chemin, parmi la foule du dimanche,
Sur les sentiers ombreux et le gazon terni.
Reposés de leur course à travers l'infini,
Et doux, comme l'émoi d'une âme qui s'épanche,
Les rayons du soleil d'octobre, en nappes blanches
Sur...
Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les forces) - L'invitation
Le rythme séducteur nous appelle ; venez
Lui répondre en mes bras, jeune fille inconnue.
Valsons légèrement de tous côtés cernés,
Et qu'en nous la clameur des besoins s'atténue.
Pendant que nous serons ensemble, je ne veux
Ni sonder vos secrets, ni dévoiler mon âme,
Mais simplement pencher mon front sur vos cheveux,
Tourner dans un remous de...
Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les forces) - L'arbre mort
Je connais, au fond d'une anse
Où sa maigre forme danse,
Un érable mort,
Mort nous raconte une histoire
De s'être penché pour boire
L'eau claire du bord.
A le voir nu comme un marbre,
L'été, parmi d'autres arbres
Verts et vigoureux,
On dirait que la nature
L'a laissé sans sépulture
Pour un crime affreux.
Plus...
Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les alternances) - Gratitude
J'ai dit à la forêt haute et pleine d'orgueil :
" Tuer, seul me déride ;
J'irai dans tes abris dépister le chevreuil
Et le lièvre timide. "
Lors la forêt m'offrit, pour mon repos du soir,
Un lit d'herbe et de mousse
Où la lune envoyait, entre les rameaux noirs,
Une lumière douce.
Je sommeillais lorsque des grenouilles...
Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les alternances) - Évocation
Le noir espace, beau pour une occulte fête,
A, pour moi, recueilli la vie et la répète
En des formes qu'agite un frisson d'océan.
Dans cette irruption d'images se créant,
Peu à peu se dessine une énorme cohue
Qui se démène, lutte et vers l'argent se rue,
Pour garder plus longtemps, sous le ciel angoissé,
Le don prodigieux de vivre et de penser.
Puis cette...
Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les alternances) - Désir simple
Jeunes filles qui brodez
En suivant des songeries,
Seules sur vos galeries,
Ou qui dehors regardez,
Comme des oiseaux en cage,
Si j'en avais le courage
Vers l'une de vous j'irais
- Dieu sait encore laquelle,
La plus triste ou la plus belle -
Et d'un ton simple dirais :
- " Vous...
Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les forces) - Des montagnes très loin...
Des montagnes très loin paraissent toutes proches.
La grève se déroule à l'ombre des sapins,
Et la haute marée ensevelit les roches.
Les astres allumés par l'homme sont éteints.
Le blanc navire tranche avidement l'écume
Qui s'enfonce et renaît en bizarres dessins.
La carène, les ponts, les mâts sont une enclume
Que le...
Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les forces) - Concordances
Le même triste accent vient toujours des rapides,
Toujours les mêmes flots font le même circuit
En recueillant le rêve et l'espoir dans leurs rides.
Je l'ai senti déjà le vent de cette nuit ;
Il conserva mes paroles et les répète,
Et de naïfs couplets renaissent avec lui.
Un firmament connu resplendit sur ma tête.
Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les alternances) - Déclaration
Femme, sitôt que ton regard
Eut transpercé mon existence,
J'ai renié vingt espérances,
J'ai brisé, d'un geste hagard,
Mes dieux, mes amitiés anciennes,
Toutes les lois, toutes les chaînes,
Et du passé fait un brouillard.
J'ai purifié de scories
Mes habitudes et mes goûts ;
J'ai précipité dans l'égout
D'étourdissantes jongleries ;
J'ai vaincu l'effroi...
Alphonse BEAUREGARD (1881-1924) (Recueil : Les alternances) - Blancheur
C'est la neige tourbillonnante
Qui voltige dans l'air, mousseline vivante,
La neige qui s'arma, dans l'extase du froid,
D'une beauté trop loin de la vie et traîtresse.
La neige pleine de caresses,
Si douce au pas quand elle choit.
Ceux-là dont le sang bout dans les veines, les forts,
Devant la blancheur qui s'amasse
Songent aux glissements rapides sur la...
Nérée BEAUCHEMIN (1850-1931) (Recueil : Les floraisons matutinales) - Rayons d'octobre (IV)
Maintenant, plus d'azur clair, plus de tiède haleine,
Plus de concerts dans l'arbre aux lueurs du matin :
L'oeil ne découvre plus les pourpres de la plaine
Ni les flocons moelleux du nuage argentin.
Les rayons ont pâli, leurs clartés fugitives
S'éteignent tristement dans les cieux assombris.
La campagne a voilé ses riches perspectives....
Nérée BEAUCHEMIN (1850-1931) (Recueil : Patrie intime) - Roses d'automne
Aux branches que l'air rouille et que le gel mordore,
Comme par un prodige inouï du soleil,
Avec plus de langueur et plus de charme encore,
Les roses du parterre ouvrent leur coeur vermeil.
Dans sa corbeille d'or, août cueillit les dernières :
Les pétales de pourpre ont jonché le gazon.
Mais voici que, soudain, les...
Nérée BEAUCHEMIN (1850-1931) (Recueil : Les floraisons matutinales) - Rayons d'octobre (III)
Écoutez : c'est le bruit de la joyeuse airée
Qui, dans le poudroîment d'une lumière d'or,
Aussi vive au travail que preste à la bourrée,
Bat en chantant les blés du riche messidor.
Quel gala ! pour décor, le chaume qui s'effrange ;
Les ormes, les tilleuls, le jardin, le fruitier
Dont la verdure éparse...
Nérée BEAUCHEMIN (1850-1931) (Recueil : Les floraisons matutinales) - Rayons d'octobre (II)
À peine les faucheurs ont engrangé les gerbes
Que déjà les chevaux à l'araire attelés
Sillonnent à travers les chardons et les herbes
La friche où juin fera rouler la mer des blés.
Fécondité des champs ! cette glèbe qui fume,
Ce riche et fauve humus, recèle en ses lambeaux
La sève qui nourrit et...
Nérée BEAUCHEMIN (1850-1931) (Recueil : Les floraisons matutinales) - Rayons d'octobre (I)
Octobre glorieux sourit à la nature.
On dirait que l'été ranime les buissons.
Un vent frais, que l'odeur des bois fanés sature,
Sur l'herbe et sur les eaux fait courir ses frissons.
Le nuage a semé les horizons moroses,
De ses flocons d'argent. Sur la marge des prés,
Les derniers fruits d'automne, aux reflets verts et...
Nérée BEAUCHEMIN (1850-1931) (Recueil : Les floraisons matutinales) - Québec
Comme un factionnaire immobile au port d'arme,
Dans ces murs où l'on croit ouïr se prolonger
Le grave écho lointain d'un qui vive d'alarme,
À ses gloires Québec semble encore songer.
L'humble paix pastorale a replié son aile
Sur l'âpre terre où gît le sombre camp des morts :
Du bugle ensanglanté, la plaine solennelle
N'entend...
Nérée BEAUCHEMIN (1850-1931) (Recueil : Les floraisons matutinales) - Perce-neige
Radieuses apothéoses
Du soleil d'or et du ciel bleu,
Fraîche gloire des printemps roses,
Pourquoi donc durez-vous si peu ?
Pourquoi donc êtes-vous si brèves,
Aubes de l'enfance ? Beaux jours,
Si pleins d'aromes et de sèves,
Pourquoi donc êtes-vous si courts ?
Jeunesse, où sont-elles allées
Les hirondelles de jadis ?...
Nérée BEAUCHEMIN (1850-1931) (Recueil : Patrie intime) - Notre terre
Terre, dont les âpres rivages
Et les promontoires géants
Refoulent les vagues sauvages
Que soulèvent deux océans ;
Terre qui, chaque avril, émerges,
Toute radieuse, à travers
La cendre de tes forêts vierges
Et la neige de tes hivers ;
Terre richement variée
De verdure et de floraisons,
Que le Seigneur a mariée
Au Soleil des quatre saisons...
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