Les romanciers naturalistes sont-ils des observateurs ou des créateurs ?
Zola dit « Le romancier est fait d'un observateur et d'un expérimentateur. ». En quoi ce rapport du romancier au réel et à la science se retrouve-t-il dans Thérèse Raquin ? Pour nourrir votre dissertation, vous vous appuierez sur des arguments développés et organisés et vous illustrerez vos propos par des exemples issus du roman.
Henri Coulet écrit, dans Le Roman jusqu'à la révolution : « Le réel n'intéresse les romanciers que s'il est vécu par l'homme : ils peignent les passions bien plus que les objets, ils s'attachent beaucoup plus à reconstituer les émotions et les réflexions d'un personnage qu'à construire une intrigue parfaitement cohérente et à en inventer des circonstances rigoureusement possibles ; l'équilibre de l'imagination et de l'observation, qui s'entraident pour obtenir du lecteur l'adhésion lucide et critique à un faux plus vrai que le vrai, est accompli dans la description de la vie intérieure, non dans celle du monde et des actes extérieurs ; la vraisemblance de celle-ci est souvent sacrifiée à l'intensité de celle-là ». Dans quelle mesure ces propos caractérisent-ils la démarche de Marivaux dans Le Paysan parvenu ?
« Un vrai classique, [...] c'est un auteur qui a enrichi l'esprit humain, qui en a réellement augmenté le trésor, qui lui a fait faire un pas de plus [...] ; qui a rendu sa pensée, son observation ou son invention, sous une forme n'importe laquelle, mais large et grande, fine et sensée, saine et belle en soi ; qui a parlé à tous dans un style à lui et qui se trouve aussi celui de tout le monde, dans un style nouveau sans néologisme, nouveau et antique, aisément contemporain de tous les âges ». Dans un développement composé, illustré d'exemples tirés de vos lectures personnelles, vous direz si cette définition des auteurs et oeuvres dits classiques vous semble juste.
Dans L'Immortalité (Gallimard, 1990), un personnage de Milan Kundera déclare : La tension dramatique, c'est la véritable malédiction du roman parce qu'elle transforme tout, même les plus belles pages, même les scènes et les observations les plus surprenantes, en une simple étape menant au dénouement final, où se concentre le sens de tout ce qui précède. Dévoré par le feu de sa propre tension, le roman se consume comme une botte de paille. Vous confronterez à cette affirmation votre propre expérience de la lecture romanesque.
« Je verrai le roi, je lui ferai connaître la vérité ; il est impossible qu'on ne se rende pas à cette vérité quand on la sent ». Voltaire, L'Ingénu, chapitre 8. Vous imaginerez le discours tenu au roi par l'ingénu une fois parvenu devant lui à Versailles, pour lui faire part de tous les désordres du royaume tels qu'il a pu lui-même les observer. Ce discours visera à convaincre ou à persuader le roi d'y mettre un terme.
Vous observez et commentez un jour d'ouverture des soldes. Vous adopterez le point de vue de l'observateur.
Etudiez ces réflexions d'Alfred de Vigny sur la vérité dans l'art : « L'ART ne doit jamais être considéré que dans ses rapports avec sa BEAUTE IDÉALE. Il faut le dire, ce qu'il y a de VRAI n'est que secondaire; c'est seulement une illusion de plus dont il s'embellit, un de nos penchants qu'il caresse. Il pourrait s'en passer, car la VÉRITÉ dont il doit se nourrir est la vérité d'observation sur la nature humaine, et non l'authenticité du fait. Les noms des personnages ne font rien à la chose. « L'IDÉE est tout. Le nom propre n'est rien que l'exemple et la preuve de l'idée. » (Cinq-Mars, Préface, 1826.) (C. A. Lettres, Jeunes Filles, 1946.) ?
Ne s'abuse-t-on pas sur La Fontaine quand on nous le présente comme un rêveur et un paresseux ? Ses fables ne révèlent-elles pas un homme qui sait observer la réalité et un poète qui a le souci de son art ?
Vous semble-t-il que La Fontaine ait observé de très près les animaux ? La vérité est-elle chez lui scientifique ou poétique ?
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