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Sujet : Dans Emile ou De l'Education, en 1762, Jean-Jacques Rousseau condamne ainsi les Fables de La Fontaine : « On fait apprendre les Fables de La Fontaine à tous les enfants, et il n'y en a pas un seul qui les entende : quand ils les entendraient, ce serait encore pis. car la morale en est tellement mêlée et si disproportionnée à leur âge qu'elle les porterait plus au vice qu'à la vertu. » Puis, après un commentaire linéaire railleur du « Corbeau et le renard ». il poursuit : « Suivez les enfants apprenant leurs fables, et vous verrez, que quand ils sont en état d'en faire l'application, ils en sont presque toujours une contraire à l'intention de railleur [...] les enfants se moquent du corbeau, mais s'affectionnent tous au renard [...] ils prendront toujours le beau rôle, c'est le choix de l'amour-propre, c'est un choix très naturel. » Partagez-vous ce jugement sévère de Rousseau, ou jugez-vous les Fables que vous connaissez selon d'autres critères que celui de moralité ?

Définitions des termes :
  • rousseau : Deux grandes questions ont préoccupé Rousseau: la liberté, qui est selon lui la véritable destination de l'homme, et l'alliance de la nature et de la société. Rousseau, quoique mal compris à son époque, est l'un des plus grands esprits du siècle des Lumières.
  • fable : Petit récit imaginaire, en prose ou en vers, qui met en scène des animaux ou des personnages symboliques afin d'illustrer une morale. La fable est un apologue et a une forte valeur argumentative.
  • fait : Ce qui est ou ce qui arrive, et qui se donne ou même s'impose à nous dans l'expérience. On distingue souvent le fait brut, qui s'offre immédiatement à l'observation dans l'expérience ordinaire, et le fait construit (fait scientifique), qui résulte d'une élaboration théorique et expérimentale (Bachelard appelle «phénoménotechnique» cette construction du fait). Cependant, même le fait brut est imprégné de théorie, même s'il peut s'agir d'une théorie pré-scientifique, c'est-à-dire de préjugés. Le fait (ce qui est) se distingue par principe du droit (ce qui doit être). De même, une question de fait porte sur le pourquoi ou le comment, alors qu'une question de droit porte sur la valeur et la légitimité. On oppose l'état de fait à l'état de droit, c'est-à-dire conforme au droit (légal ou légitime).
  • tout : La totalité sans exception.
  • seul : Isolé, retiré du commerce des hommes.
  • morale : Ensemble des règles de conduite -concernant les actions permises ou défendues- tenues pour universellement et inconditionnellement valables.
  • plus : d'avantage, un surcroît, un supplément.
  • état : 1) Avec une minuscule, manière d'être, disposition (un état d'esprit). 2) Avec une majuscule, un ensemble d'individus soumis à une même autorité politique, ou plus précisément cette autorité politique elle-même. L'État c'est le gouvernement et l'ensemble des structures par lesquelles il manifeste son autorité. 3) État de droit: tout État qui s'applique à respecter la personne et à garantir les libertés individuelles. 4) Raison d'État: motif d'intérêt public invoqué par l'État pour justifier une action contraire à la loi ou à la morale.
  • toujours : A tout moment, à toute époque ; éternellement, perpétuellement.
  • beau : 1. Norme permettant le jugement esthétique ; cf. valeur. 2. Sens concret : objet du jugement esthétique ; ce qui provoque une émotion esthétique par l'harmonie des formes, l'équilibre des proportions. 3. (Par ext.) Ce qui suscite une idée de noblesse, de supériorité morale (un beau geste). 4. Pour KANT, le jugement de goût ne détermine pas son objet en le pensant sous un concept universel, puisqu'il porte toujours sur un cas parti­culier ; c'est un jugement réfléchissant dont l'universalité réside dans l'accord des sujets ; c'est pourquoi le beau est défini comme « ce qui plaît universellement sans concept » ; « la beauté est la forme de la finalité d'un objet en tant qu'elle est perçue en lui sans représentation d'une fin. »
  • choix : Action consistant à se déterminer en arrêtant une conduite à tenir, retenue entre plusieurs possibles. La capacité de choisir est considérée traditionnellement comme caractéristique du libre arbitre.
  • amour : On peut distinguer différentes formes d'amour. Le sentiment amoureux qui nous fait aimer une personne pour ses qualités morales et son apparence physique n'est pas de même nature que l'amour d'une mère pour son enfant. L'amour du prochain s'étend à toute l'humanité. L'amour-propre est l'estime que l'on a pour soi-même. L'amour mystique est celui que le croyant éprouve pour Dieu.
  • jugement : Le jugement de réalité (ou d'existence) est un jugement porté sur les faits. Il s'oppose au jugement de valeur, qui est une appréciation subjective sur la valeur d'un objet, d'une action. Le jugement synthétique, d'après Kant, correspond au jugement de réalité, par opposition au jugement analytique, qui correspond aux propositions tautologiques de la logique (par exemple: un triangle a trois angles). JUGEMENT ESTHETIQUE : Acte de l'esprit par lequel nous déterminons si une chose est belle ou laide.
  • autrui : Un autre homme, une autre personne. En philosophie, "autrui" est ce qui est différent de moi et que l'appréhende par ma subjectivité. L'homme est ce que j'ai en commun avec les autres, tandis qu' "autrui" est ce qui me différencie des autres, ce que je ne peux connaître totalement, à cause de ma subjectivité.
  • critère : Du grec kritêrion, ce qui sert à juger. C'est une norme qui permet de reconnaître les valeurs de bien ou de mal, de vrai ou de faux.

Extrait du corrigé : Texte virtuel très animé, dynamique alerte, séduisant. Cependant, elle cache une dénonciation importante, celle de la justice.             Cette réflexion sur la justice commence à partir de la constatation d'un délit. Il y a un délit, des menaces. Le lecteur devient peu à peu spectateur de cette audience. C'est la remise en cause de « leur loi ». Laquelle ? Vide juridique. Remise en cause de la justice : justice ici très violence. Aussitôt qu'à portée il vit les contestants, Grippeminaud le bon apôtre Jetant des deux côtés la griffe en même temps, Mit les plaideurs d'accord en croquant l'un et l'autre.

Dans Emile ou De l'Education, en 1762, Jean-Jacques Rousseau condamne ainsi les Fables de La Fontaine :
« On fait apprendre les Fables de La Fontaine à tous les enfants, et il n'y en a pas un seul qui les entende : quand ils les entendraient, ce serait encore pis. car la morale en est tellement mêlée et si disproportionnée à leur âge qu'elle les porterait plus au vice qu'à la vertu. »
Puis, après un commentaire linéaire railleur du « Corbeau et le renard ». il poursuit :
« Suivez les enfants apprenant leurs fables, et vous verrez, que quand ils sont en état d'en faire l'application, ils en sont presque toujours une contraire à l'intention de railleur [...] les enfants se moquent du corbeau, mais s'affectionnent tous au renard [...] ils prendront toujours le beau rôle, c'est le choix de l'amour-propre, c'est un choix très naturel. »
Partagez-vous ce jugement sévère de Rousseau, ou jugez-vous les Fables que vous connaissez selon d'autres critères que celui de moralité   ?

Corrigé : Dans Emile ou De l'Education, en 1762, Jean-Jacques Rousseau condamne ainsi les Fables de La Fontaine :
« On fait apprendre les Fables de La Fontaine à tous les enfants, et il n'y en a pas un seul qui les entende : quand ils les entendraient, ce serait encore pis. car la morale en est tellement mêlée et si disproportionnée à leur âge qu'elle les porterait plus au vice qu'à la vertu. »
Puis, après un commentaire linéaire railleur du « Corbeau et le renard ». il poursuit :
« Suivez les enfants apprenant leurs fables, et vous verrez, que quand ils sont en état d'en faire l'application, ils en sont presque toujours une contraire à l'intention de railleur [...] les enfants se moquent du corbeau, mais s'affectionnent tous au renard [...] ils prendront toujours le beau rôle, c'est le choix de l'amour-propre, c'est un choix très naturel. »
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