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Sujet : André Maurois écrit « un personnage de roman est simplifié et construit. On peut le comprendre. Dans la vie réelle les personnes sont des énigmes dangereuses ». Quels arguments avez vous contre cette citation ?

Définitions des termes :
  • personnage : Individu qui joue un rôle plus ou moins important dans un récit. Le personnage est une notion difficile à cerner. Dans le roman traditionnel, il est assimilé à une personne : ses traits naissent de l'imagination d'un écrivain (personnage fictif, ex. : Meursault dans l'Étranger, d'Albert Camus) ou sont empruntés à l'histoire (personnage historique, ex. : Richelieu dans les Trois Mousquetaires, d'Alexandre Dumas). Souvent, il présente une nature mixte, lorsque l'auteur, s'inspirant d'un personnage ayant véritablement existé, romance plus ou moins consciemment les données de l'histoire à des fins dramatiques (ex. : d'Artagnan). Dans le roman moderne et contemporain, le personnage est devenu une conscience qui construit le récit à partir de sa propre expérience du monde. Le « il » du roman traditionnel a laissé place au « je qui est à la fois le narrateur et le personnage (ex. : Marcel dans A la recherche du temps perdu, de Marcel Proust). Dans une oeuvre, il n'est pas toujours aisé de distinguer le personnage principal des personnages secondaires. En effet, l'importance d'un personnage ne se mesure pas à ses fréquences d'apparition, mais à sa fonction dans le texte — c'est-à-dire à la mission qui lui revient dans la construction du récit. C'est ici que. la notion d'« actant », empruntée à l'analyse structurale du récit, peut être d'un grand secours.
  • Roman : Récit en prose d'aventures imaginaires qui se distingue : a) de la nouvelle, par sa durée prolongée dans le temps ou par le fait que, même dans un récit assez court, nous avons une vue de la psychologie totale des personnages; b) du conte, par le fait qu'il donne l'existence aux choses et aux êtres qu'il décrit, sans les considérer comme des inventions merveilleuses ou des symboles philosophiques. Oeuvre d'imagination en prose, assez longue, qui présente et fait vivre des personnages donnés comme réels, dont elle raconte leurs histoire, aventures, psychologies, destins. Les romans se distinguent par l'importance relative des divers éléments qui coexistent dans la plupart d'entre eux : a) l'action, qui domine dans le roman d'aventures, policier, de cape et d'épée, le roman noir (genre venu d'Angleterre, très à la mode à la fin du XVIIIe s. et au début du XIXe : récit d'aventures merveilleuses et terribles dans des décors effrayants) ; b) l'analyse psychologique qui prédomine dans le roman dit d'analyse, le roman autobiographique (confession de l'auteur sous forme de récit ou de journal), le roman intime ou intimiste, le roman par lettres ou épistolaire; c) la peinture de la société : roman historique, picaresque, de moeurs, paysan, populiste, de la famille, d'une époque; roman fleuve : vaste roman qui se déroule sur un long espace de temps et donne souvent, grâce à plusieurs intrigues simultanées, une large vue de la société d'une époque : Exemple: Les hommes de bonne volonté, de Jules Romains; d) la peinture du monde extérieur : roman exotique, planétaire (c'est-à-dire, après 1920, le roman qui se passe à travers tous les pays du monde); e) les idées : le roman peut avoir un but didactique (roman scientifique, allégorique, symbolique), contribuer à développer le savoir vivre et la politesse (XVIIe s. roman pastoral, précieux), défendre des idées morales et philosophiques (roman à thèse), attaquer la société (roman satirique), proposer un idéal social.
  • construire : 1. Produire quelque chose à partir d'éléments donnés (construit opposé à donné). 2. Pour KANT : « La connaissance philosophique est la connaissance rationnelle par concepts ; la connaissance mathématique celle qui procède par construction de concepts. Construire un concept veut dire présenter l'intuition a priori qui y correspond. » 3. Constructivisme : toute théorie qui soutient que les concepts sont construits ; nom donné aux théories épistémologiques qui subordonnent l'existence d'un être mathématique à celle d'un procédé pour le construire. 4. Constructionnisme logique : théorie (CARNAP, la première philosophie de Russell) pour laquelle la plupart des entités utilisées dans les sciences (le corps, le temps, etc.) sont construites suivant des lois logiques à partir de données élémentaires, telles que les perceptions.
  • peut : Est-il possible, est-il légitime.
  • comprendre : Comprendre, c'est connaître un phénomène de l'intérieur, par son sens, en déchiffrant sa singularité. Dans les sciences, expliquer c'est ramener la diversité des phénomènes à des causes (leurs conditions de production) et à des lois permettant d'en faire des cas particuliers.
  • dans quelle mesure : Jusqu'à quel degré, jusqu'à quel point.
  • réalité : 1) Réalité: * Caractère de ce qui a une existence concrète, par opposition aux apparences, aux illusions ou aux fictions de notre imagination. * Ensemble des choses et des faits réels. 2) Réel: * Comme adjectif : qui existe effectivement, et pas seulement à titre d'idée, de représentation ou de mot (exemple : un pouvoir réel). * Comme nom : l'ensemble des choses qui existent, le monde extérieur (synonyme : réalité).

Extrait du corrigé : aussi les personnages très marqués socialement de Zola)   3) La caractérisation implicite est la plus à même de faire ressortir la complexité du personnage, complexité qui commence ici même à excéder celle des personnes réelles.   La caractérisation des personnages est plus souvent implicite : les connotations attachées aux noms mêmes, les combinaisons narratives, les discours et les relations sociales complètent indirectement notre connaissance du personnage et étoffent sa psychologie, le rendant souvent plus complexe et plus riche de signification qu'il ne paraît. Développer aussi l'idée que le personnage n'est pas seulement défini par ce qu'il est mais par ce qu'il fait. Il est donc changeant et se construit au fil de ses actions. (cf. évolution psychologique et construction de Bardamu dans Le Voyage au bout de la Nuit de Céline qui semblent conditionnées par ses actions et ses aventures.) Cette idée d'un personnage non forcément défini a priori mais en construction permanente par ses actes rapproche le personnage romanesque des personnes réelles et de leur complexité.   II)            ...Souvent plus énigmatique que les personnes réelles Le personnage de roman, bien loin d'être limpide et transparent, ne se laisse pas saisir facilement. Il est souvent une énigme pour le lecteur.   1)      Quand le personnage échappe au romancier... : le redoublement de l'énigme   De nombreux romans mettent en oeuvre l'égarement du sujet dans un monde qui se veut labyrinthique, dans un réel fourmillant.

Corrigé : Corrigé de 1681 mots (soit 3 pages) directement accessible

Le corrigé du sujet " André Maurois écrit « un personnage de roman est simplifié et construit. On peut le comprendre. Dans la vie réelle les personnes sont des énigmes dangereuses ». Quels arguments avez vous contre cette citation ?" a obtenu la note de :

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