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Sujet : Victor HUGO (1802-1885) (Recueil : La légende des siècles) - L'échafaud

Extrait étudié : Victor HUGO (1802-1885) (Recueil : La légende des siècles) - L'échafaud

C'était fini. Splendide, étincelant, superbe,
Luisant sur la cité comme la faulx sur l'herbe,
Large acier dont le jour faisait une clarté,
Ayant je ne sais quoi dans sa tranquillité
De l'éblouissement du triangle mystique,
Pareil à la lueur au fond d'un temple antique,
Le fatal couperet relevé triomphait.
Il n'avait rien gardé de ce qu'il avait fait
Qu'une petite tache imperceptible et rouge.

Le bourreau s'en était retourné dans son bouge ;
Et la peine de mort, remmenant ses valets,
Juges, prêtres, était rentrée en son palais,
Avec son tombereau terrible dont la roue,
Silencieuse, laisse un sillon dans la boue
Qui se remplit de sang sitôt qu'elle a passé.
La foule disait : bien ! car l'homme est insensé,
Et ceux qui suivent tout, et dont c'est la manière,
Suivent même ce char et même cette ornière.

J'étais là. Je pensais. Le couchant empourprait
Le grave Hôtel de Ville aux luttes toujours prêt,
Entre Hier qu'il médite et Demain dont il rêve.
L'échafaud achevait, resté seul sur la Grève,
Sa journée, en voyant expirer le soleil.
Le crépuscule vint, aux fantômes pareil.
Et j'étais toujours là, je regardais la hache,
La nuit, la ville immense et la petite tache.

A mesure qu'au fond du firmament obscur
L'obscurité croissait comme un effrayant mur,
L'échafaud, bloc hideux de charpentes funèbres,
S'emplissait de noirceur et devenait ténèbres ;
Les horloges sonnaient, non l'heure, mais le glas ;
Et toujours, sur l'acier, quoique le coutelas
Ne fût plus qu'une forme épouvantable et sombre,
La rougeur de la tache apparaissait dans l'ombre.

Un astre, le premier qu'on aperçoit le soir,
Pendant que je songeais, montait dans le ciel noir.

Sa lumière rendait l'échafaud plus difforme.
L'astre se répétait dans le triangle énorme ;
Il y jetait ainsi qu'en un lac son reflet,
Lueur mystérieuse et sacrée ; il semblait
Que sur la hache horrible, aux meurtres coutumière,
L'astre laissait tomber sa larme de lumière.
Son rayon, comme un dard qui heurte et rebondit,
Frappait le fer d'un choc lumineux ; on eût dit
Qu'on voyait rejaillir l'étoile de la hache.
Comme un charbon tombant qui d'un feu se détache ;
Il se répercutait dans ce miroir d'effroi ;
Sur la justice humaine et sur l'humaine loi
De l'éternité calme auguste éclaboussure.
" Est-ce au ciel que ce fer a fait une blessure ?
Pensai-je. Sur qui donc frappe l'homme hagard ?
Quel est donc ton mystère, ô glaive ? " Et mon regard
Errait, ne voyant plus rien qu'à travers un voile,
De la goutte de sang à la goutte d'étoile.

3o mars 1856.
Extrait du commentaires :

Victor-Marie Hugo : écrivain, dramaturge, poète, homme politique, académicien et intellectuel engagé, né le 26 février 1802 à Besançon et mort le 22 mai 1885 à Paris. Il est l’un des plus grands écrivains français et repose au Panthéon depuis le lundi 1er juin 1885.

Son œuvre est très diverse : romans, poésie lyrique, drames en vers et en prose, discours politiques à la Chambre des Pairs, correspondance abondante.

Hugo est poète qui appartient à la première génération romantique => considère le poète comme un être différent, visionnaire à qui il octroie une mission sociale et historique.

La Légende des siècles : recueil de poèmes, conçu comme un immense ensemble destiné à dépeindre l'histoire et l'évolution de l'Humanité. Écrite par intermittences entre 1855 et 1876, la Légende des Siècles est considérée comme la seule véritable épopée française et, suivant le jugement porté par Baudelaire, comme la seule épopée moderne possible.

Les poèmes sont la peinture de ces scènes éparses et aperçues fugitivement, dans un entremêlement de visions terribles. Hugo n'a pas recherché l'exactitude historique, comme il l'annonçait dans la Préface de la Première Série, « c'est de l'histoire écoutée à la porte de la légende ». Les poèmes, tantôt lyriques, épiques ou satiriques, forment une suite de l'aventure humaine, cherchant à illustrer l'histoire du genre humain, à témoigner de son long cheminement des ténèbres vers la lumière.

 

 

« L’Échafaud » :

• Cinquième poète de la dernière série de La Légende des siècles.

• Poème composé de 54 alexandrins (l’alexandrin est le vers hugolien par excellence).

• 6 strophes de tailles différentes.

• Disposition des rimes : rimes suivies du type AABB.

• Qualité des rimes :

- Rimes riches. Ex : « mystique ; antique ».

- Rimes suffisantes. Ex : « insensé ; passé ».

- Rimes pauvres. Ex : « clarté ; tranquillité ».

• Alternance respectée entre les rimes masculines et les rimes féminines (> qui se terminent par un –e muet > -e, -es, -ent).

 

« L’Échafaud » => ne pas oublier que Victor Hugo a été un défenseur de l’abolition de la peine de mort. S’est battu contre la peine de mort. Cf. Claude Gueux ou Le Dernier jour d’un condamné par exemple.

=> Il s’agit donc de montrer comment le poète dénonce l’échafaud, la peine de mort.

 

Corrigé directement accessible

Le corrigé du sujet "Victor HUGO (1802-1885) (Recueil : La légende des siècles) - L'échafaud" a obtenu la note de :

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