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Sujet : Nicolas-Germain LÉONARD (1744-1793) - La journée de printemps

Extrait étudié : Nicolas-Germain LÉONARD (1744-1793) - La journée de printemps

(Fragments)

... Quelle touchante paix me suit dans ces retraites !
Forêt inaccessible à l'ardente chaleur,
Quel plaisir de rêver dans tes routes secrètes !
Ces pins semblent porter, sur leur front sourcilleux,
La voûte où le soleil se couronne de feux ;
La méditation qui plane sur ma tête,
Dans leur profond dédale, à chaque pas m'arrête :
L'oreille est attentive, on sent battre son coeur ;
On respire la sève ; on croit voir la fraîcheur.

J'aime à me rappeler, en voyant ces ombrages,
Les îles du Tropique et leurs forêts sauvages ;
Lieux charmants, que mon coeur ne saurait oublier !
Je crois sentir encor le baume de vos plaines,
Dont les vents alisés parfument leurs haleines,
Et qui va sur les mers saisir le nautonier ;
Je crois me retrouver sur ces rives lointaines,
Où le rouge ananas et le vin du palmier
Rafraîchissaient mon sang allumé dans mes veines.

Ô champs de ma patrie ! agréables déserts !
Antille merveilleuse où les brunes Dryades
A ma muse naissante ont inspiré des vers !
Ne reverrai-je plus tes bruyantes cascades
Des coteaux panachés descendre dans les mers !
N'irai-je plus m'asseoir à l'ombre des grenades,
Du jasmin virginal qui formait ces arcades,
Et du pâle oranger vacillant dans les airs ?
Là, le soleil brillant n'attend point que l'aurore
Ouvre devant son char les barrières du jour ;
Il part, comme un géant, des rivages qu'il dore,
Atteint, du premier pas, la moitié de son tour,
Et commande aux vents frais, qui composent sa cour,
De souffler sur ces lieux que sa flamme dévore.
Là, des bois sont couverts d'un feuillage éternel,
Et des fleuves, roulant dans un vaste silence,
Baignent des régions qui, loin de l'oeil mortel,
Etalent vainement leur superbe opulence.
D'antiques animaux habitent ces déserts :
Peuple heureux ! de nos traits il ignore l'atteinte ;
Et tandis que sa race a végété sans crainte,
Des siècles écoulés ont changé l'univers.

... Reviens, muse légère, un frais délicieux
Du soleil, dans la plaine, a tempéré les feux :
Son char moins radieux, baissé vers l'hémisphère,
Aux peuples du couchant va porter la lumière ;
L'univers maintenant n'est qu'un vaste jardin.
Quel air pur est sorti de la terre embaumée ?
Serais-je aux champs d'Enna, dans les bois d'Idumée,
Dans les riants déserts des campagnes d'Eden ?
Oh ! combien ces beaux lieux intéressent ma vue !
Je soupire, il est vrai, mais je me trouve heureux.
C'est un ravissement, une extase inconnue,
Qui me fait oublier les soins tumultueux.

Où vas-tu m'égarer, douce mélancolie ?
Irai-je sur les monts, dans les champs, dans les bois ?
Suivrai-je les détours d'une rive fleurie ?
Prés, collines, ruisseaux, tout invite mon choix !
... Le jour fait resplendir la cîme des coteaux ;
La mer au loin s'allume, et le front des châteaux
Réfléchit dans les airs une clarté nouvelle.
Hélas ! ce beau soleil va laisser nos climats.
Voyez-vous la bergère, un panier sous son bras,
Regagner lestement la route du village ?
Son ombre qui la suit s'allonge sous ses pas,
Et les feux du couchant enflamment son visage.
Voici l'heure où Vénus vous appelle à ses jeux,
Vous qui versez souvent des larmes de tendresse
Heureux amants, cédez au penchant qui vous presse,
Quand l'aspect du bonheur partout frappe vos yeux.

... Quel moment ; les zéphyrs de leurs fraîches haleines
Courbent légèrement la pointe des guérets :
Un torrent de parfums sort des rives prochaines ;
La lumière en fuyant se projette à longs traits
Sur le cristal des lacs, des ruisseaux, des fontaines,
Lance des gerbes d'or à travers les forêts,
Et bannit la vapeur qui descend sur les plaines ;
Un superbe réseau déployé dans les airs,
Comme un voile de pourpre, embrasse l'univers ;
Le soleil, entouré d'une légère trame,
Pénètre chaque fil qui s'écarte, s'enflamme,
Et du foyer brûlant laisse fuir les éclairs.
Soudain le feu remplit les campagnes profondes ;
Le grand astre a rasé la surface des ondes ;
Des bords de l'hémisphère il s'éloigne à regret,
S'arrête irrésolu, nage entre les deux mondes,
Jette un dernier regard, se plonge et disparaît.

- Adieu, consolateur de toute la nature ;
Adieu, source de joie intarissable et pure,
Ô Soleil ! on dirait que tu luis pour toujours ;
Il semble qu'avec toi mon bonheur me délaisse :
Ton départ me saisit d'une amère tristesse ;
Je voudrais que le temps se fixât dans son cours !
Où s'en vont ces oiseaux dont j'aimais le ramage ?
Quoi ! vous partez aussi, chantres joyeux des airs,
Fauvettes dont la voix animait ce bocage !
L'écho silencieux n'entend plus vos concerts,
Les moutons répandus le long de la prairie,
En bêlant doucement, gagnent la bergerie.
L'âne marche entouré de ses paniers jumeaux.
Le valet indolent qui revient de la ville
Siffle, à demi penché sur sa mule indocile.
Le bûcheron le suit courbé sous les rameaux.
Le doux Hesper les voit de la voûte azurée,
Et fait briller sur eux son étoile dorée ;
Les ombres cependant s'élèvent dans les cieux,
Et leurs groupes unis, toujours plus ténébreux,
Amènent lentement la tranquille soirée.
Et toi, Soleil, et toi, sur de nouveaux climats
Tu répands maintenant la vie et la lumière :
Tandis que tu poursuis ta brûlante carrière,
L'univers m'abandonne, et je crois sous mes pas
Fouler des nations la tranquille poussière,
Miroir éblouissant de la divinité !
Ô Soleil ! réponds-moi : qu'as-tu vu dans l'espace ?
Le troupeau des humains vers l'abîme emporté,
Leur génération qui se montre et qui passe,
Comme ces moucherons qui, dans un jour d'été,
Vont couvrir des étangs la dormante surface
Pendant que ta lumière éclate dans les cieux,
Le temps marche en silence et grossit ses ravages,
Il sape sourdement et l'homme et ses ouvrages,
Et les trônes des rois, et les temples des dieux.
Lorsque éloigné du bruit, dans ma douce tristesse,
Je marche à la lueur du nocturne flambeau,
J'aime à me rappeler les jours de ma jeunesse,
Mes parents endormis dans la nuit du tombeau,
L'ami de mon enfance, une aimable maîtresse ;
Tout ce qui fut jadis l'objet de ma tendresse
Repasse devant moi comme un léger tableau.

... Errant sur les débris de ceux que j'ai perdus,
Délaissé maintenant et plein de leur image,
Je traverse le monde où je ne les vois plus,
Et je confie aux bois mes regrets superflus...

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