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Sujet : Maurice BARRÈS, N'importe où hors du monde, 1958

Extrait étudié : Maurice BARRÈS, N'importe où hors du monde, 1958 Dans la Ville enchantée, que nous ouvre cette magicienne, il est donné à quelques-uns seulement de voir et d'entendre les morts. Les autres sont privés de ce bonheur parce qu'ils ne sont pas capables de le goûter. C'est ainsi que la minute divine d'un paysage peut échapper à certains êtres prosaïques. Il n'est pas donné à tous d'entrer de plain-pied dans l'invisible. Mais les voyants prennent par la main les réfractaires, les entraînent et les introduisent au milieu des fantômes. On espère que ce livre bienfaisant produira le même miracle sur les lecteurs les plus rebelles au mystère. Désormais, pour nous, certains souffles, certaines nuées, des formes vagues, prendront un sens. Nous ouvrons des yeux nouveaux, nous voyons ce que nous ne soupçonnions pas et des images ravissantes viennent nous inonder de fraîcheur. Ce n'est pas durant que l'on feuillette un écrit que l'on s'assure le mieux de sa force et de sa fécondité ; il ne s'agit pas qu'un livre nous saute à la gorge et nous étreigne d'émotions brutales. Holà ! Holà ! monsieur le livre, nous ne sommes pas au théâtre de la foire et me boxer pour obtenir mon assentiment, ce n'est pas une manière honnête. Mais si, quelques semaines après que j'ai fermé l'ouvrage et quasi oublié sa lettre, je vois s'ouvrir devant moi de nouvelles percées dans le brouillard et s'augmenter le nombre des images avec lesquelles travaille ma pensée, je dis : c'est un bon livre, un livre vrai et dans lequel habite un esprit. À mesure que je m'éloigne de la Ville enchantée, ma pensée retourne avec plus de profit dans le mystère de cette douce tragédie. Sentiment presque douloureux ! J'ai trouvé là, aux mains d'une étrangère, l'idée charmante, le livret sur lequel j'aurais le mieux fait chanter ma musique. Voilà le livre que j'aurais dû écrire et que j'ai parfois entrevu. Fortune heureuse, fortune injuste, je vois fleurir sur une tige saxonne une pensée celtique, une de ces imaginations populaires qui nous viennent du lointain des âges, et dont j'ai moi-même souvent éprouvé la puissance... J'ai fait interfolier le volume de papier blanc pour y inscrire les rêveries qu'à chaque page il me suggérait. Vais-je paraître dire quelque chose d'absurde et glisser dans les grands excès ? Qu'importe ! On comprendra vite qu'il ne s'agit pas de fixer des rangs et que je cherche seulement à indiquer les couleurs morales de ce petit récit. Je l'aime, cette Ville enchantée, cette oeuvre obscure d'une authoress trop pressée, de la même manière que j'aime deux poèmes qui sont pour moi deux lueurs du Paradis égarées sur la terre, je veux dire l'Orphée de Gluck et l'Antigone de Sophocle. Pressantes invitations au départ. Au départ ! Que dis-je ? Au retour vers la véritable beauté.

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