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Sujet : Gustave FLAUBERT, Lettre à Mademoiselle Leroyer de Chantepie, Croisset, 8 octobre 1859.

Extrait étudié : Gustave FLAUBERT, Lettre à Mademoiselle Leroyer de Chantepie, Croisset, 8 octobre 1859. [Mademoiselle Leroyer de Chantepie est une admiratrice de Flaubert, devenue peu à peu une confidente]. [Croisset, 8 octobre 1859] Vous devez croire que je vous ai oubliée ! Il n'en est rien. Mais il faut pardonner un peu de paresse à un pauvre homme qui garde la plume à la main toute la journée et qui se couche le soir, ou plutôt le matin, éreinté comme un casseur de cailloux. Dans votre dernière lettre du 23 juin, vous me disiez que vous deviez aller à Nantes. Avez-vous fait ce voyage et vous en êtes-vous bien trouvée ? Non, n'est-ce pas ? Quand on a une douleur, on la porte avec soi partout. Les plaies ne se déposent pas comme les vêtements, et celles que nous aimons, celles qu'on gratte toujours et qu'on ravive ne guérissent jamais. Je ne puis rien faire pour vous que vous plaindre, pauvre âme souffrante ! Tout ce que je vous dirais, vous le savez; tous les conseils que je vous donnerais, on vous les donne. Mais pourquoi n'êtes-vous pas plus obéissante et n'essayez-vous pas ? J'ai vu des personnes dans un état déplorable finir par se trouver mieux à force de recevoir du monde, d'entendre de la musique, d'aller au théâtre, etc. Venez donc un hiver à Paris et prenez avec vous une jeune fille gaie qui vous mènera partout. Le spectacle de la gaieté rend heureux quand on a le coeur bon. Faites l'éducation d'un enfant intelligent, vous vous amuserez à voir son esprit se développer. Pendant que vous étiez dans vos souffrances, j'étais dans les miennes; j'ai été physiquement malade le mois dernier, par suite d'une longue irritation nerveuse due à des inquiétudes et tracas domestiques. Les difficultés de mon travail y avaient peut-être aussi contribué. J'écris un gros livre; il est lourd et il me pèse quelquefois. Enfin, me voilà bientôt à moitié; j'ai presque écrit six chapitres ! Il m'en reste encore sept. Vous voyez que j'ai encore de la besogne. Une chose magnifique vient de paraître : la Légende des Siècles, de Hugo. Jamais ce colossal poète n'avait été si haut. Vous qui aimez l'idéal et qui le sentez, je vous recommande les histoires de chevalerie qui sont dans le premier volume. Quel enthousiasme, quelle force et quel langage ! Il est désespérant d'écrire après un pareil homme. Lisez et gorgez-vous de cela, car c'est beau et sain. Je suis sûr que le public va rester indifférent à cette collection de chefs-d'oeuvre ! Son niveau moral est tellement bas, maintenant ! On pense au caoutchouc durci, aux chemins de fer, aux expositions, etc., à toutes les choses du pot-au-feu et du bien-être; mais la poésie, l'idéal, l'Art, les grands élans et les nobles discours, allons donc ! A propos de choses élevées, lisez donc les travaux de Renan1. Que dites-vous de tous les mandements des évêques à propos de l'Italie ? Comme c'est triste ! II est immonde, ce clergé qui défend et bénit toutes les tyrannies, jette l'anathème2 à la liberté, n'a d'encens que pour le pouvoir et se vautre bassement devant la chose reçue; quand même, toutes ces soutanes qui se cousent au drap du trône me font horreur ! Avez-vous lu la Question romaine, d'Edmond About ? Cela est très spirituel et très vrai pour quiconque a vu l'Italie; on ne peut faire à ce livre aucune objection sérieuse, et néanmoins ce n'était pas là ce qu'il fallait dire. La question devait être prise de plus haut; cela manque de maîtrise. - II me semble que tout craque sur la terre depuis la Chine jusqu'à Rome. - Le musulmanisme, qui va mourir aussi, se convulsionne. Nous verrons de grandes choses. J'ai peur qu'elles ne soient funèbres. Adieu, je vous serre les mains bien affectueusement. Le verre de votre portrait accroché dans ma chambre, sur une porte, s'est fêlé ces jours-ci. J'ai de ces superstitions. Vous est-il arrivé quelque malheur ? 1. Penseur et écrivain contemporain de Flaubert 2. Condamne.

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