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Sujet : Gabriel-Joseph de Guilleragues, Lettres portugaises, Lettre V

Extrait étudié : Gabriel-Joseph de Guilleragues, Lettres portugaises, Lettre V Je cherche dans ce moment à vous excuser, et je comprends bien qu'une Religieuse n'est guère aimable d'ordinaire : Cependant il semble que si on était capable de raisons, dans les choix qu'on fait, on devrait plutôt s'attacher à elles qu'aux autres femmes ; rien ne les empêche de penser incessamment à leur passion, elles ne sont point détournées par mille choses qui dissipent et qui occupent dans le monde ; il me semble qu'il n'est pas fort agréable de voir celles qu'on aime, toujours distraites par mille bagatelles, et il faut avoir bien peu de délicatesse, pour souffrir (sans en être au désespoir) qu'elles ne parlent que d'assemblées, d'ajustements et de promenades ; on est sans cesse exposé à de nouvelles jalousies ; elles sont obligées à des égards, à des complaisances, à des conversations : qui peut s'assurer qu'elles n'ont aucun plaisir dans toutes ces occasions, et qu'elles souffrent toujours leurs maris avec un extrême dégoût, et sans aucun consentement ? Ah ! qu'elles doivent se défier d'un Amant qui ne leur fait pas rendre un compte bien exact là-dessus, qui croit aisément et sans inquiétude ce qu'elles lui disent, et qui les voit avec beaucoup de confiance et de tranquillité sujettes à tous ces devoirs ! Mais je ne prétends pas vous prouver par de bonnes raisons, que vous deviez m'aimer ; ce sont de très méchants moyens, et j'en ai employé de beaucoup meilleurs qui ne m'ont pas réussi ; je connais trop bien mon destin pour tâcher à le surmonter ; je serai malheureuse toute ma vie ; ne l'étais-je pas en vous voyant tous les jours : Je mourais de frayeur que vous ne me fussiez pas fidèle, je voulais vous voir à tous moments, et cela n'était pas possible, j'étais troublée par le péril que vous couriez en entrant dans ce Couvent ; je ne vivais pas lorsque vous étiez à l'armée, j'étais au désespoir de n'être pas plus belle et plus digne de vous, je murmurais contre la médiocrité de ma condition, je croyais souvent que l'attachement que vous paraissiez avoir pour moi vous pourrait faire quelque tort ; il me semblait que je ne vous aimais pas assez, j'appréhendais pour vous la colère de mes parents, et j'étais enfin dans un état aussi pitoyable qu'est celui où je suis présentement ; si vous m'eussiez donné quelques témoignages de votre passion depuis que vous n'êtes plus au Portugal, j'aurais fait tous mes efforts pour en sortir, je me fusse déguisée pour vous aller trouver ; hélas ! qu'est-ce que je fusse devenue, si vous ne vous fussiez plus soucié de moi, après que j'eusse été en France ? quel désordre ? quel égarement ? quel comble de honte pour ma famille, qui m'est fort chère depuis que je ne vous aime plus. Vous voyez bien que je connais de sens froid qu'il était possible que je fusse encore plus à plaindre que je ne suis ; et je vous parle, au moins, raisonnablement une fois en ma vie ; que ma modération vous plaira, et que vous serez content de moi ; je ne veux point le savoir, je vous ai déjà prié de ne m'écrire plus, et je vous en conjure encore.

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