Podcast littérature
NoCopy.net

LE SITE D'AIDE À LA DISSERTATION ET AU COMMENTAIRE DE TEXTE EN FRANCAIS

EXEMPLES DE RECHERCHE


POUR LE SUJET: Comment le théâtre permet-il de persuader et d'émouvoir ?
TAPEZ LES MOTS-CLES: théâtre persuader ou théâtre émouvoir

POUR LE SUJET: Les écrivains écrivent-ils seulement pour amuser ?
TAPEZ LES MOTS-CLES: écrivains amuser
»Créer un compte Devoir-de-philo
»
» inscrits
Partager

Sujet : Chateaubriand, René

Extrait étudié : Chateaubriand, René Comment exprimer cette foule de sensations fugitives que j'éprouvais dans mes promenades ? Les sons que rendent les passions dans le vide d'un cœur solitaire ressemblent au murmure que les vents et les eaux font entendre dans le silence d'un désert ; on en jouit, mais on ne peut les peindre. L'automne me surprit au milieu de ces incertitudes : j'entrai avec ravissement dans le mois des tempêtes. Tantôt j'aurais voulu être un de ces guerriers errant au milieu des vents, des nuages et des fantômes ; tantôt j'enviais jusqu'au sort du pâtre que je voyais réchauffer ses mains à l'humble feu de broussailles qu'il avait allumé au coin d'un bois. J'écoutais ses chants mélancoliques, qui me rappelaient que dans tout pays le chant naturel de l'homme est triste, lors même qu'il exprime le bonheur. Notre cœur est un instrument incomplet, une lyre où il manque des cordes, et où nous sommes forcés de rendre les accents de la joie sur le ton consacré aux soupirs. Le jour, je m'égarais sur de grandes bruyères terminées par des forêts. Qu'il fallait peu de chose à ma rêverie ! une feuille séchée que le vent chassait devant moi, une cabane dont la fumée s'élevait dans la cime dépouillée des arbres, la mousse qui tremblait au souffle du Nord sur le tronc d'un chêne, une roche écartée, un étang désert où le jonc flétri murmurait ! Le clocher solitaire s'élevant au loin dans la vallée a souvent attiré mes regards ; souvent j'ai suivi des yeux les oiseaux de passage qui volaient au-dessus de ma tête. Je me figurais les bords ignorés, les climats lointains où ils se rendent ; j'aurais voulu être sur leurs ailes. Un secret instinct me tourmentait : je sentais que je n'étais moi-même qu'un voyageur, mais une voix du ciel semblait me dire : « Homme, la saison de ta migration n'est pas encore venue ; attends que le vent de la mort se lève, alors tu déploieras ton vol vers ces régions inconnues que ton cœur demande. » « Levez-vous vite, orages désirés qui devez emporter René dans les espaces d'une autre vie ! » Ainsi disant, je marchais à grands pas, le visage enflammé, le vent sifflant dans ma chevelure, ne sentant ni pluie, ni frimas, enchanté, tourmenté, et comme possédé par le démon de mon cœur.
Extrait du commentaires :

L'écrivain français François René de Chateaubriand, un des premiers et plus célèbres auteurs du romantisme, considéré comme un des fondateurs de ce courant dans la littérature française, a publié en 1802, son roman autobiographique « René ». Il a écrit cette oeuvre en utilisant un registre lyrique et lui a mis pour titre son propre prénom. Dans un passage de cet ouvrage, le personnage se réfugie à la campagne après la mort de son père, et raconte ses sentiments exaltés au cours de ses promenades. Au cours de cet extrait, on peut observer des nombreuses caractéristiques romantiques, surtout dans l'expression des sentiments et sensations du personnage. Pour mettre en relief ces caractéristiques romantiques, dans un premier temps on étudiera les paysages et les climats décrits dans le récit, puis on verra les sentiments évoqués.

Dans ce passage, Chateaubriand fait allusion à des nombreux paysages, « grandes bruyères terminées par des forêts », « une cabane dont la fumée s'élevait dans la cime dépouillée des arbres », « une roche écartée », « un étang désert où le jonc flétri murmurait », « le clocher solitaire ». Dans ces sites évoqués on constate l'absence de tout autre être humain mis à part  le personnage, qui se promène dans un état de rêverie. Et dans cet état, le personnage nous décrit les paysages avec très peu de mots, comme « au coin d'un bois », laissant au lecteur le devoir de s'imaginer le paysage, faisant le lecteur penser, et de cette manière le rendre d'une certaine façon le seul complice des émotions du personnage, qui se promène seul dans la nature. On peut apprécier par de nombreuses expressions cette espèce de complicité du personnage avec la nature « une feuille séchée que le vent chassait devant moi », le vent lui montre la feuille sèche, « le jonc flétri murmurait », le personnage a une espèce de dialogue avec la nature qui l'entoure, « les oiseaux de passage qui volaient au dessus de ma tête », « le vent sifflant dans ma chevelure ». Ces paysages sont très romantiques, car ils sont déserts, le personnage est seul, et nous présentent la nature comme un être conscient, qui accompagne le personnage dans sa promenade. En plus, les paysages peu décrits qui obligent le lecteur à penser pour les imaginer, apportent au texte une autre caractéristique du romantisme, la réflexion, le penser, et l'auteur ici ne se contente pas de mettre le personnage à penser et nous transmettre ces réflexions, il oblige le lecteur à penser aussi.

 

Corrigé directement accessible

Le corrigé du sujet "Chateaubriand, René" a obtenu la note de :

5.2 / 10

LE SITE D'AIDE À LA DISSERTATION ET AU COMMENTAIRE DE TEXTE EN LITTERATURE

 Maths
 Philosophie
 Littérature
 QCM de culture générale
 Histoire
 Géographie
 Droit
Nom/Pseudo :

email :
 
Demandez votre sujet :