Podcast littérature
NoCopy.net

LE SITE D'AIDE À LA DISSERTATION ET AU COMMENTAIRE DE TEXTE EN FRANCAIS

EXEMPLES DE RECHERCHE


POUR LE SUJET: Comment le théâtre permet-il de persuader et d'émouvoir ?
TAPEZ LES MOTS-CLES: théâtre persuader ou théâtre émouvoir

POUR LE SUJET: Les écrivains écrivent-ils seulement pour amuser ?
TAPEZ LES MOTS-CLES: écrivains amuser
»Créer un compte Devoir-de-philo
»
» inscrits
Partager

Sujet : Barbey d'Aurevilly, Un Prêtre marié, portrait de Rollon Langrune.

Extrait étudié : Barbey d'Aurevilly, Un Prêtre marié, portrait de Rollon Langrune. Il s'appelait Rollon Langrune, et son nom, doublement normand, dira bien tout ce qu'il était, visiblement et invisiblement, à ceux qui ont le sentiment des analogies; qui comprennent, par exemple, que le dieu de la couleur s'appelle Rubens, et qui retrouvent dans la suavité corrégienne du nom de Mozart le souffle d'éther qui sort de la Flûte enchantée. Rollon Langrune avait la beauté âpre que nos rêveries peuvent supposer au pirate-duc qu'on lui avait donné pour patron, et cette beauté sévère passait presque pour de la laideur, sous les tentures en soie des salons de Paris, où le don de seconde vue de la beauté vraie n'existe pas plus qu'à la Chine! D'ailleurs il n'était plus jeune. Mais la force de la jeunesse avait comme de la peine à le quitter. Le soleil couchant d'une vie puissante jetait sa dernière flamme fauve à cette roche noire. Dispensez-moi de vous décrire minutieusement un homme chez qui le grandiose de l'ensemble tuait l'infiniment petit des détails, et dressez devant vous, par la pensée, le majestueux portrait du Poussin, le Nicolas normand : vous aurez une idée assez juste de ce Rollon Langrune. Seulement l'expression de son regard et celle de son attitude étaient moins sereines... Et qui eût pu s'en étonner? Quand le peintre des Andelys se peignait, il se regardait dans le clair miroir de sa gloire, étincelante devant lui, tandis que Rollon ne se voyait encore que dans le sombre miroir d'ébène de son obscurité. De rares connaisseurs auxquels il s'était révélé disaient qu'il y avait en lui un robuste génie de conteur et de poète, un de ces grands talents genuine qui renouvellent, d'une source inespérée, les littératures défaillantes -- mais il ne l'avait pas attesté, du moins au regard de la foule, dans une de ces oeuvres qui font taire les doutes menteurs ou les incrédulités de l'envie. Positif comme la forte race à laquelle il appartenait, ce rêveur, qui avait brassé les hommes, les méprisait, et le mépris l'avait dégoûté de la gloire. Il ne s'agenouillait point devant cette hostie qui n'est pas toujours consacrée et que rompent ou distribuent tant de sots qui en sont les prêtres! D'un autre côté, en vivant à Paris quelque temps, il avait appris bien vite ce que vaut cette autre parlote qu'on y intitule la Renommée, et il n'avait jamais quémandé le moindre obole de cette fausse monnaie à ceux qui la font. À le juger par l'air qu'il avait, ce n'était rien de moins que le Madallo du poème de Shelley, c'est-à-dire la plus superbe indifférence des hommes, appuyée à la certitude du génie... Le sien, dont on parlait tout bas, était, disait-on, un génie autochtone, le génie du pays où il était né, et qui, jusqu'à lui, avait été à peu près incommunicable.

Corrigé non disponible

Le corrigé du sujet "Barbey d'Aurevilly, Un Prêtre marié, portrait de Rollon Langrune." a obtenu la note de :
aucune note

LE SITE D'AIDE À LA DISSERTATION ET AU COMMENTAIRE DE TEXTE EN LITTERATURE

 Maths
 Philosophie
 Littérature
 QCM de culture générale
 Histoire
 Géographie
 Droit
Nom/Pseudo :

email :
 
Demandez votre sujet :