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Sujet : BALZAC, Illusions perdues (1836-1843)

BALZAC, Illusions perdues (1836-1843)

Extrait étudié : BALZAC, Illusions perdues (1836-1843) Des jeunes gens à cheval, parmi lesquels Lucien remarqua de Marsay et Rastignac, se joignirent à la calèche pour conduire les deux cousines au bois. Il fut facile à Lucien de voir, au geste des deux fats, qu'ils complimentaient Mme de Bargeton sur sa métamorphose. Mme d'Espard pétillait de grâce et de santé: ainsi son indisposition était un prétexte pour ne pas recevoir Lucien, puisqu'elle ne remettait pas son dîner à un autre jour. Le poète furieux s'approcha de la calèche, alla lentement, et, quand il fut en vue des deux femmes, il les salua: Mme de Bargeton ne voulut pas le voir, la marquise le lorgna et ne répondit pas à son salut. La réprobation de l'aristocratie parisienne n'était pas comme celle des souverains d'Angoulême: en s'efforçant de blesser Lucien, les hobereaux admettaient son pouvoir et le tenaient pour un homme; tandis que, pour Mme d'Espard, il n'existait même pas. Ce n'était pas un arrêt, mais un déni de justice. Un froid mortel saisit le pauvre poète quand de Marsay le lorgna; le lion parisien laissa retomber son lorgnon si singulièrement qu'il semblait à Lucien que ce fût le couteau de la guillotine. La calèche passa. La rage, le désir de la vengeance s'emparèrent de cet homme dédaigné: s'il avait tenu Mme de Bargeton, il l'aurait égorgée... "Mon Dieu! de l'or à tout prix! se disait Lucien, l'or est la seule puissance devant laquelle ce monde s'agenouille. Non! lui cria sa conscience, mais la gloire, et la gloire c'est le travail! Du travail! c'est le mot de David. Mon Dieu pourquoi suis-je ici? mais je triompherai! Je passerai dans cette avenue en calèche à chasseur! j'aurai des marquises d'Espard!" En lançant ces paroles enragées, il dînait chez Hurbain à quarante sous. Le lendemain, à neuf heures, il alla chez Louise dans l'intention de lui reprocher sa barbarie: non seulement Mme de Bargeton n'y était pas pour lui, mais encore le portier ne le laissa pas monter, il resta dans la rue, faisant le guet, jusqu'à midi. A midi, du Châtelet sortit de chez Mme de Bargeton, vit le poète du coin de l'oeil et l'évita. Lucien, piqué au vif, poursuivit son rival; du Châtelet se sentant serré, se retourna et le salua dans l'intention évidente d'aller au large après cette politesse. "De grâce, monsieur, lui dit Lucien, accordez-moi une seconde, j'ai deux mots à vous dire. Vous m'avez témoigné de l'amitié, je l'invoque pour vous demander le plus léger des services. Vous sortez de chez Mme de Bargeton, expliquez-moi la cause de ma disgrâce auprès d'elle et de Mme d'Espard?" - Monsieur Chardon, répondit du Châtelet avec une fausse bonhomie, savez-vous pourquoi ces dames vous ont quitté à l'Opéra? - Non, dit le pauvre poète. - Eh bien, vous avez été desservi dès votre début par M. de Rastignac. Le jeune dandy, questionné sur vous, a purement et simplement dit que vous vous nommiez M. Chardon et non M. de Rubempré; que votre mère gardait les femmes en couches, que votre père était de son vivant apothicaire à l'Houmeau, faubourg d'Angoulême; que votre soeur était une charmante jeune fille qui repassait admirablement les chemises, et qu'elle allait épouser un imprimeur d'Angoulême nommé Séchard. Voilà le monde. Mettez-vous en vue? il vous discute. M. de Marsay est venu rire de vous avec Mme d'Espard, et aussitôt ces deux dames se sont enfuies en se croyant compromises auprès de vous. N'essayez pas d'aller chez l'une ou chez l'autre. Mme de Bargeton ne serait pas reçue par sa cousine si elle continuait à vous voir. Vous avez du génie, tâchez de prendre votre revanche. Le monde vous dédaigne, dédaignez le monde. Réfugiez-vous dans une mansarde, faites-y des chefs-d'oeuvre, saisissez un pouvoir quelconque, et vous verrez le monde à vos pieds ; vous lui rendrez alors les meurtrissures qu'il vous aura faites là où il vous les aura faites.

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